Un passionné de voitures

Un passionné de voitures

S’il faut parler du métier de journaliste automobile, il faut inéluctablement et longuement évoquer Paul Frère. Ce dernier, qui fêtera bientôt ses 88 ans (!), est ainsi le doyen des journalistes de la presse spécialisée. Né le 30 janvier 1917 en Belgique, Paul avoue dès son plus jeune âge une passion pour l’automobile et la mécanique en général. Une passion qui le conduit à devenir ingénieur en 1943, alors âgé de 26 ans.
Pour faire montre de ses bonnes connaissances en la matière, il rédige une étude sur la traction avant et la fait parvenir à la rédaction de «La Vie Automobile», un magazine spécialisé de l’époque. Une réflexion à travers laquelle il se découvre quelques talents d’écriture et qui le conduira quelques années plus tard, à intégrer la revue «Belgique Automobile» en tant que rédacteur. Paul Frère entame ainsi une carrière de journaliste automobile, allant du milieu des années 40 jusqu’à 1952, date à laquelle il se retrouvera au volant d’une HWM au Grand Prix de Belgique. N’ayant eu auparavant qu’une expérience relativement limitée avec une MG, Paul arrivera quand même à décrocher la cinquième place de la course. Pourtant ce journaliste émérite, ne prétend pas être un pilote professionnel, se contentant de courir de temps en temps pour le plaisir, histoire de se maintenir en forme.
En 1956, Paul crée la surprise générale en terminant deuxième au Grand Prix de Spa à bord d’une Ferrari ; la même année, il était classé septième du championnat de Formule 1. Encore plus détonante sera sa victoire aux 24 Heures du Mans en 1960, avec la complicité de son coéquipier Olivier Gendebien.
Au total, et durant près de deux décennies, Paul Frère aura disputé 11 Grands Prix de F1, mais sans avoir décroché de victoire, ni de titre de champion bien entendu. Ceci dit, il fut un excellent pilote et l’un des meilleurs coureurs automobiles de son temps, même s’il se décrit comme n’étant qu’un «gentleman driver». Mais après être passé au statut de pilote de compétition, Paul allait revenir à ses sources. La page de la compétition définitivement tournée, il reprend alors ses fonctions de journaliste-essayeur et ne rate pas les occasions pour écrire des articles sur les voitures. Paul fera ainsi la préface du tout premier «Michel Vaillant», célèbre BD concoctée par son ami Jean Graton qui travaillait alors dans Tintin magazine.
Dans les pages de ce dernier, Paul frère accentuera encore plus sa célébrité par une chronique hebdomadaire intitulée «Paul Frère vous parle automobile». Suivront ensuite plusieurs postes, tout aussi prestigieux les uns que les autres, tels que celui de consultant chez Maserati, ou encore membre de la FIA (Fédération internationale automobile). Plus récemment et depuis la fin des années 90, Paul écrit pour des publications de renom tels que le Moniteur Automobile (magazine franco-belge) et surtout «Fiat 6 Magazine», mensuel édité par Porsche. On lui doit aussi plusieurs publications, dont «La conduite en compétition», «Porsche » «La course continue», ou encore «Eternelle 911». Ayant plongé toute sa vie dans le bain automobile, il reste autant un observateur averti de la compétition, qu’un journaliste lucide par son appréciation critique face à chaque modèle nouvellement créé.
Paul Frère est bien loin des certains néophytes qui atterrissent par hasard dans la citadelle de la presse auto actuelle. Il aura aussi et surtout eu le mérité d’avoir testé de façon presque exhaustive la quasi –totalité des voitures produites depuis les 50 dernières années!

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