Un roadster pour Monsieur Bond

Un roadster pour Monsieur Bond

Aston Martin, constructeur anglais évoluant toujours (lire encadré) sous la houlette du groupe Ford, au sein de sa division «Premier Automotive Group», mise plus que jamais sur la diversification de sa gamme. Objectif : recouvrer les clés de la rentabilité. D’où la déclinaison d’une version roadster à partir du modèle V8 Vantage. Ceux qui connaissent bien l’histoire de cette marque auront très vite remarqué que ce cabriolet a été baptisé «Roadster» et non «Volante». Cette dernière appellation restant réservée au très haut de gamme DB9.
Ces mêmes connaisseurs ne seront pas non plus étonnés de constater que cette Aston Martin V8 Vantage Roadster adopte une capote en toile tout à fait traditionnelle, plutôt qu’un toit rigide amovible. Mais esthétiquement, cet assouplissement supérieur n’a en rien altéré la ligne sexy et élancée de cette «sportive lady».
Les premiers clichés diffusés par la marque montrent ainsi une face avant inchangée, une ceinture de caisse toujours droite et des passages de roues assez proéminents pour accentuer le côté musculeux de cette stricte deux places. Même sa longueur, à 4,38 m, reste exactement identique à celle de la version Coupé. En revanche, il y a du neuf à l’arrière et plus précisément entre la malle et les sièges. Les designers ont ainsi opté pour un couvre-capote rigide, mais presque scindé en deux parties. Recouvertes de cuir, ces deux bosses recèlent de petits arceaux de sécurité et qui ne sont pas sans rappeler ceux adoptés par l’une des rivales de cette Aston, la Ferrari F430 Spider. Comme l’italienne, l’anglaise affiche ostentatoirement sa beauté intérieure et son caractère exclusif.
Le premier exemplaire disponible en photos reçoit un habitacle intégralement nappé de cuir bordeaux. Un habillage du plus bel effet. On en dira autant pour les placages en aluminium brossé, utilisé sans excès au niveau de certains éléments (compteurs, aérateurs, pédaliers, moyeu du volant…). Sportivité oblige, le conducteur et son passager ont droit à une assise assez basse. Position qu’ils règlent via des commandes électriques placés sur les côtés du prolongement de l’accoudoir et de la partie inférieure de la console centrale. Un coup d’œil à ce niveau du «cockpit» nous amène à noter la disparition du levier de vitesses. En fait, deux transmissions seront disponibles : une boîte manuelle à 6 rapports et une autre, robotisée (Sportshift), avec changements au volant. Comme d’autres roadsters, cette Aston Martin sera moins pratique pour quelqu’un comme Tiger Woods. Car avec un coffre de 144 litres seulement, il sera quasiment impossible d’y loger un sac de golf.
Enfin, ultime détail par rapport à l’habitacle, la capote reçoit trois couches d’épaisseur ainsi qu’une lunette arrière en verre. Réalisée avec soin, elle devrait offrir une meilleure isolation et mieux supporter les épreuves du temps. C’est aussi une capote à laquelle 18 secondes suffisent pour aller ou venir, au gré du conducteur.
Maintenant, une question peut être posée : quel serait -au-delà de toute considération esthétique- l’avantage d’avoir une version découvrable d’un bolide aussi puissant que l’Aston Martin V8 Vantage ? Voilà une interrogation assez ardue pour le commun des mortels mais pas pour les passionnés des belles mécaniques. Celui-ci pourrait bien répondre, en toute simplicité, qu’entendre correctement les vocalises du V8 4.3 litres de 380 chevaux au-delà des 8.000 tr/min mérite largement qu’on fasse l’impasse sur le toit. Un V8 d’origine Jaguar et qui, malgré le poids non négligeable de l’auto (1.710 kg), lui autorise d’intéressantes performances routières, à savoir 280 km/h en vitesse de pointe et l’accélération de 0 à 100 km/h en 5 secondes.
Bref, l’Aston Martin V8 Vantage Roadster fait partie de ces créations capables de susciter pour la première fois une vive émotion aux esprits pour qui la passion automobile a toujours été une marée basse. Quant aux autres, c’est-à-dire les passionnés, ce sera purement un objet de désir… assez élitiste. Car au-delà du fait que cette marque ne soit pas (encore) commercialisée au Maroc, il faudra s’attendre à débourser plus de 130.000 euros pour repartir au volant de ce bijou à quatre roues. Ajoutez-y le transport, les droits de douane et les frais d’homologation et le cap des 2,5 millions de dirhams sera alors allégrement dépassé. Avis donc aux «happy fews» pourrait-on conclure…
Mais pas si vite. Car si l’on y réfléchi un peu plus longuement, on se rend compte que pour la moitié de ce pactole, il est possible, au Maroc, de se tourner vers la rivale directe de cette Aston : le cabriolet Jaguar XKR. Plus puissant (V8 de 416 ch) et mieux habitable (2+2), le cabriolet XKR est surtout moins coûteux, puisque vendu à 1,5 million de DH TTC. L’alternative du «félin» est donc plus qu’intéressante, même si le prestige d’Aston Martin s’inscrit un cran au-dessus.

Qui rachètera Aston ?
Aston Martin, la marque fétiche du plus célèbre des espions britanniques, est à vendre. D’accord, c’est loin d’être un secret comme ceux que sait garder M. Bond à travers ses différentes aventures, mais le repreneur tarde à émerger. Pourtant, une trentaine de repreneurs potentiels alimentent divers rumeurs, faisant grimper la cote d’Aston à presque 1,5 milliard d’euros. On a parlé, à un moment donné de BMW. Mais très vite, le nouveau patron de la marque à l’hélice est venu annoncer qu’il n’en sera rien. Actuellement, on parle d’un couple français d’hommes d’affaires (Bernard Arnault et Albert Frère), qui s’associeraient pour créer une société d’investissement commune et postuler pour le rachat.

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