Une suédoise, avec ou sans le haut

Une suédoise, avec ou sans le haut

Coupé en hiver, cabriolet durant l’été… Voilà quel-ques années déjà que le concept CC à savoir, celui des cabriolets à toit rigide escamotable dans le coffre, a fait toutes ses preuves. Enfin, presque. Car, la plupart des constructeurs qui ont conjugué des berlines à la sauce CC, se sont souvent heurtés à quelques difficultés et ce, au-delà de réussir la ligne esthétique du véhicule. A commencer par la question de l’habitabilité arrière, rarement généreuse. L’exemple le plus parlant est celui de la 206 CC, dont les places arrière sont plus symboliques qu’autre chose. Autre compromis délicat à réaliser : une sécurité optimale en cas de retournement ou de choc latéral.
A ces deux impératifs, Volvo répond pleinement, et même remarquablement, avec sa dernière production. Il s’agit de la nouvelle C70, qui succède au modèle du même nom, apparu il y a sept ans. En effet, outre quatre vraies places habitables, la nouvelle C70 peut se targuer de son arsenal sécuritaire, avec en prime, une première mondiale dans son segment, comme nous l’expliquerons…
Mais d’abord et avant d’admirer (mais malheureusement sans toucher) le physique de rêve de cette suédoise, une petite précision s’impose concernant son nom. On remarquera ainsi, que le constructeur suédois ne succombe pas à la mode patronymique actuelle. Plutôt que d’utiliser le très en vogue CC (ou C+C), la C70 en préfère un de «C», correspondant d’ailleurs à «Convertible» (ou Cabriolet en français).
Reposant sur la plate-forme de la familiale S40, le coupé-cabriolet C70 en reprend aussi quelques aspects extérieurs. C’est notamment le cas au niveau de la face avant, avec laquelle la filiation à la gamme actuelle est plus qu’évidente. C’était probablement le but recherché par les concepteurs du C70. C’est ce qu’a laissé comprendre Fedde Talsma, chef du design extérieur chez Volvo, déclarant : «il est crucial que les gens reconnaissent tout de suite que c’est une Volvo». On retrouve ainsi les projecteurs, en retrait par rapport à la calandre, repoussés aux extrémités et débordant sur les ailes. Dans une moindre mesure, la ceinture de caisse haute, parvient à conserver ce fameux épaulement qui caractérise les Volvo actuelles. De profil toujours, on remarquera qu’à l’instar des cabriolets de prestige, la C70 reçoit un long pare-brise très incliné, qui s’achève devant la tête des occupants avant. De quoi prendre un filet d’air lorsqu’on croise, par beau temps, sur une route côtière…
Un peu plus inédits, les feux arrière épousent les contours extérieurs de la poupe, qui elle, se veut à peine surélevée. On y découvre un grand coffre offrant un peu plus de 200 litres de volume de chargement lorsque le toit est replié et jusqu’à 400 litres en configuration coupé. C’est d’ailleurs l’un des premiers corollaires du mécanisme du toit amovible.
Développé en étroite collaboration avec le célèbre carrossier italien Pininfarina, ce mécanisme de toit compte principalement trois panneaux (plutôt que deux comme sur les autres cabriolets) et intègre plus de 140 pièces. Volvo annonce aussi que ce pavillon, qui s’articule en 26 secondes par une simple commande électrique, intègre des renforts pour compenser l’absence d’une structure fixe. Décidément, l’aspect sécuritaire reste une éternelle préoccupation pour le premier constructeur suédois. Et en bon spécialiste en la matière, Volvo inaugure sur le C70 une nouvelle famille de rideaux gonflables. Installés dans les contre-portes (puisqu’il n’y a pas de montant central), ces airbags latéraux (de thorax et de tête) se déploient du bas vers le haut, puis se dégonflent lentement afin d’assurer une protection supplémentaire en cas de retournement du véhicule (tonneau). C’est là, une première mondiale certes, mais qui fait que les portières sont sensiblement plus lourdes qu’auparavant.
Peu importe, l’intérieur s’annonce comme très accueillant. En effet, un vaste espace habitable, qui profite de la longueur totale du véhicule (environ 4,70m), permet de loger confortablement quatre adultes, même deux d’entre eux  mesurent 1,80 m et prennent place sur la banquette. La présentation intérieure ne dépaysera pas les habitués de la marque, puisque plusieurs éléments (volant, tableaux de bord, console centrale…) puisent fortement leur inspiration de la S40. Comme sur les autres Volvo actuelles, les sièges ont été dessinés pour offrir aux occupants un maintien presque orthopédique. A n’en pas douter, la qualité des matériaux utilisés et leur finition d’assemblage sont à la hauteur du prestigieux logo arboré. On retrouvera l’atmosphère connu aux coupés bourgeois avec une combinaison de matière noble (cuir, bois, aluminium…), ainsi qu’un équipement sophistiqué et assez embourgeoisé.
Mécaniquement, les plaisirs de la conduite «cheveux au vent» seront assurés par une palette de quatre motorisations en l’occurrence des cinq cylindres maison qui officient déjà sous le capot des S40 et S60. En essence, il s’agira du 2.4 l dans ses deux versions (atmosphériques) : 140 et 170 ch de puissance, ainsi que du turbocompressé 2.5 l T5 offrant, lui, jusqu’à 220 ch. Le Diesel, lui, ne sera de la partie qu’ultérieurement dans l’année 2006. Là encore, la C70 ne compte pas faire dans la dentelle, puisqu’il sera question du 2.4 l common rail délivrant la puissance respectable de 180 ch. Bref, que de qualités annoncés pour espérer faire de l’ombre à la concurrence, notamment germanique. En effet, à sa sortie prévue pour le premier trimestre 2006, cette découvrable suédoise viendra se heurter à deux autres cabriolets de taille, l’Audi A4 et la Mercedes CLK. En revanche, elle ne trouvera sur son chemin la nouvelle BMW Série 3 Cabriolet qu’à partir de 2007.
Entre-temps, Volvo aura probablement réussi à asseoir l’image et la notoriété du nouveau C70, qui pourra d’ailleurs capitaliser sur la popularité laissée par son devancier. Ambitieux, mais assez confiants les responsables de la marque scandinave ont pour objectif de vendre 8.000 unités de ce modèle sur une année pleine.
Au Maroc, la C70 sera disponible auprès de Scandinavian Auto Maroc (l’importateur des voitures particulières de Volvo), mais pas avant le second trimestre 2006. Les tarifs n’ont pas encore été fixés, mais gageons qu’ils ne devraient pas démarrer en dessous de la barre des 600.000 DH. En toute évidence, il ne sera pas question pour la C70 de réaliser de gros volumes de vente. En fait, ce modèle visera d’une part, à peaufiner l’image de la marque suédoise et de l’autre côté, à procurer du plaisir à ses futurs propriétaires.

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