Virage difficile pour Fiat

Virage difficile pour Fiat

La nomination dimanche du patron de Ferrari Luca Cordero di Montezemolo au poste de président du groupe turinois en remplacement d’Umberto Agnelli, décédé jeudi soir à cause d’un cancer, n’est qu’une demi-surprise.
Son nom était déjà avancé par les observateurs quelques heures seulement après la disparition du chef de la famille Agnelli, et bénéficiait de commentaires bienveillants de tous, y compris des syndicalistes.
Gabriele Parini, analyste chez AbaxBank, estimait que l’arrivée du patron de Ferrari à la tête de Fiat serait « bien reçue » parce que l’homme serait à même de concilier les intérêts de la famille Agnelli, qu’il connaît extrêmement bien, avec ceux des banques créancières du groupe turinois.
La nomination au poste de vice-président du groupe du jeune John Philip Elkann, dauphin désigné par son grand-père Gianni Agnelli, ancien grand dirigeant de Fiat mort en 2003, n’est pas non plus une surprise.
L’étonnement est venu du numéro deux, Giuseppe Morchio. Quelques minutes après la nomination de Luca Cordero di Montezemolo au poste de président, l’administrateur délégué a fait savoir qu’il démissionnait « avec effet immédiat ». La presse italienne explique lundi que M. Morchio espérait être nommé au poste de président. Le manager l’a fait clairement savoir aux Agnelli, réunis dimanche à Turin au lendemain des obsèques d’Umberto. La famille, qui à travers la holding IFIL, détient 30,3% du capital de Fiat, ne l’a pas entendu de cette manière. Elle a choisi de montrer qu’elle conservait la haute main sur la destinée du groupe en nommant un président de son goût, qu’elle connaît bien, préparant en même temps la nouvelle génération avec John Philip Elkann, 28 ans, à l’exercice du pouvoir.
« Je connais Luca depuis qu’il est tout petit. C’est un homme intelligent, cultivé, professionnellement préparé (…) et en plus c’est un homme qui a de la chance », plaide la soeur d’Umberto et de Gianni, Maria Sole Agnelli dans une interview à La Repubblica. Maria Sole ajoute à propos du choix de John Philip Elkann comme vice-président qu’il est « très préparé et très intelligent » et que s’il avait été un jour désigné par Gianni pour prendre à l’avenir les rênes de l’empire, « c’est bien qu’il y a une raison ».
L’action Fiat a accusé le coup du départ précipité de M. Morchio perdant 2,35 à 5,66% vers 11h00 GMT, le lundi 31 mai dernier.
« La chute est liée à la démission de Morchio et à l’état d’incertitude dans lequel se retrouve le groupe », explique un courtier milanais ne souhaitant pas être nommé.
Montezemolo est certes très bien vu par le marché, argumente le courtier. Mais le départ de Morchio a créé une « préoccupation », qui pourrait toutefois être rapidement dépassée si la nomination du nouvel administrateur délégué allait dans le sens de la continuité en matière de gestion. Le groupe se porte mieux qu’il y a un an ou deux, alors qu’il traversait la crise la plus aiguë de son histoire, mais sa santé reste fragile. C’est précisément M. Morchio qui a mis au point et appliqué avec son équipe la cure de redressement, à base de recentrage sur l’automobile. De nombreux noms circulaient lundi sur le successeur de M. Morchio.
L’un des plus plausibles, car synonyme de continuité, est celui de Paolo Monferino, l’actuel patron d’une filiale de Fiat, CNH Global, spécialiste américain des machines agricole issue de la fusion entre Case et New Holland. Verdict mardi 1er juin 2004, à l’issue d’un nouveau conseil d’administration de Fiat. Le nom d’un manager italo-canadien, Sergio Marchionne, déjà lié à l’empire des Agnelli et remarqué pour avoir redressé le groupe de certification suisse SGS revient avec insistance.

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