Voiture électrique : Les raisons d’un échec au Maroc

Voiture électrique : Les raisons d’un échec au Maroc

On ne peut pas dire qu’au Maroc on soit porté sur les voitures électriques. A moins que dans les années qui viennent, ne soit découvert un procédé révolutionnaire capable de convaincre réellement les Marocains à se mettre à l’électrique, les moteurs à explosion ont, chez nous, encore de beaux jours devant eux. Mais qu’est-ce qui empêche donc nos concitoyens de se lancer dans l’acquisition de véhicules électriques?

Un prix dissuasif

Tout d’abord le prix de vente ou de location longue durée pour ce genre de véhicule. Celui-ci est systématiquement jugé dissuasif par les Marocains. Les importateurs de véhicules neufs au Maroc avaient compris depuis longtemps déjà que les Marocains n’étaient pas prêts à mettre le prix dans des technologies qu’ils jugent comme étant encore à un stade expérimental.
«Pour nous importateurs, nous avons tout de suite compris qu’il n’existait pas de marché réel pour les véhicules électriques puisque ceux-ci nous sont proposés à des prix élevés chez le fournisseur», nous explique un concessionnaire. «Répercuter ces prix sur l’acheteur marocain n’est tout bonnement pas réaliste, surtout pour un produit qu’il ne connaît pas et qui peine même à être vendu en Europe», poursuit-il.

Une autonomie très limitée pour le 100% électrique

L’autonomie du véhicule 100% électrique est un frein réel pour sa commercialisation, au Maroc comme ailleurs.
«Les Marocains aiment acheter un véhicule qu’ils pourront utiliser pour leur déplacement quotidien, mais aussi pour de longs trajets de vacances en famille ou entre amis, or l’autonomie de la voiture électrique reste limitée», explique notre concessionnaire.
«La voiture électrique est cantonnée à un usage urbain et périurbain seulement, elle n’est guère pratique si l’on veut faire de longues routes avec. L’autonomie théorique d’un véhicule électrique est annoncée à seulement 150 km, et ce sans prendre en considération l’utilisation des essuie-glaces, des phares, du chauffage ou encore du dégivrage des pare-brise. Ces options portent l’autonomie réelle de la voiture 100% électrique à seulement une centaine de kilomètres tout au plus avant de devoir recharger la batterie !».

Une technologie que les Marocains comprennent mal

Sur le plan purement technique, la voiture électrique ne tient pas la comparaison avec le véhicule thermique: les quelques modèles de voitures électriques commercialisés sont moins rapides et moins autonomes que l’alternative thermique. De fait, le véhicule électrique a longtemps été appréhendé par le consommateur comme un véhicule limité. Une technologie pas encore au point en somme. Pour un produit limité, le consommateur n’est prêt à payer qu’un prix limité, ou à ne rien payer du tout ! Le consommateur marocain est donc d’emblée rebuté par l’acquisition d’une voiture électrique.

L’esprit «écolo» fait également défaut…

En l’absence d’une culture écologique réelle, qui soit basée sur la conviction profonde qu’il faut respecter absolument l’environnement, la voiture électrique est toujours reléguée à une curiosité de foire chez le Marocain. «On nous demande toujours si nous avons des voitures électriques dans nos concessions. Lorsqu’on les montre à nos clients, ils les essaient, ils s’extasient devant le silence de leur moteur, ils posent des centaines de questions… mais ils ne les achètent jamais!», déplore notre concessionnaire. Pour les rares passionnés d’écologie et de respect de l’environnement au Maroc, ils jugeront que l’usage exclusivement urbain ou périurbain de la voiture électrique nécessite une seconde voiture et ne remplacera donc pas la première voiture «thermique». La voiture électrique ne viendra donc pas en substitution au véhicule thermique mais en ajout, alors pourquoi y mettre le prix si c’est in fine pour ne pas l’utiliser ou très rarement ?

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