Volkswagen veut être plus rentable que Toyota

«C’est aussi mon objectif. Je suis certain que nous parviendrons à une meilleure rentabilité que celle de Toyota aujourd’hui», a déclaré Martin Winterkorn lors d’un entretien publié samedi par le Süddeutsche Zeitung, en réponse à une question sur la volonté de Porsche, le premier actionnaire de Volkswagen, de voir celui-ci réaliser d’aussi bons résultats que Toyota.
Considéré comme un modèle d’efficacité et de productivité, Toyota, numéro un mondial du secteur par la capitalisation boursière (215 milliards d’euros), a dégagé sur la période avril-décembre 2006 une rentabilité d’exploitation de 9,5% et prévoit pour l’exercice à fin mars un bénéfice d’exploitation de plus de 13,8 milliards d’euros.
Parallèlement, la plupart des autres grands constructeurs du monde peinent à atteindre une marge d’exploitation de 5% et Volkswagen lui-même n’affiche qu’une marge de 3,9% sur neuf mois, hors éléments exceptionnels. Les analystes estiment que si VW atteint d’ici 2008 son objectif d’un bénéfice imposable de 5,1 milliards d’euros, cela représenterait une marge d’environ 6%.
«Accessoirement, il ne faut pas oublier avant tout que, si Toyota gagne autant, c’est parce que le yen est très faible. Entre le début 2001 et aujourd’hui, le taux de change est passé de 90 à près de 160 yens pour un euro», a souligné Winterkorn, nommé à la tête de VW après le limogeage inattendu de Bernd Pischetsrieder.
«Cela est souvent négligé. Un constructeur japonais peut donner des équipements et des options représentant plusieurs milliers d’euros pour chaque voiture exportée vers l’Europe.»
Winterkorn a expliqué que son projet prévoyait d’étendre à l’ensemble de son groupe le système de production appliqué par Audi, ce qui devrait générer d’importantes économies. Il a aussi dit vouloir croître sur les marchés automobiles émergents, accélérer la croissance de la productivité, augmenter les ventes de modèles haut de gamme et dégager des marges sur chaque véhicule vendu.
Tout en laissant entendre que VW ne lancerait aucun nouveau plan de réduction des effectifs, il a évoqué la possibilité de se séparer de certaines activités de pièces détachées, un sujet délicat dans un groupe où les syndicats sont influents.

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