100% Jamal Berraoui : Cherche premier désespérément

100% Jamal Berraoui : Cherche premier désespérément

La date des élections législatives n’est pas encore fixée et c’est problématique parce que cela renforce les attitudes attentistes. Tout le monde s’accorde pour dire que le 6 juillet est préférable au 7 septembre. Tout le monde sauf les partis. Les arguments ne manquent pas. D’abord le 7 septembre, c’est la veille du Ramadan et de la rentrée scolaire, périodes où le caritatif de circonstance pourrait cacher la corruption électorale. Le monde économique lui aussi opte pour juillet pour des questions de visibilité et pour éviter que la rentrée ne soit marquée par un attentisme qui risque de plomber les résultats de l’année. Ensuite des législatives en juillet, cela signifie que nous avons 3 mois pour concocter une alliance et préparer l’ouverture solennelle du Parlement. En face, les partis n’ont à opposer comme argument que leur faible degré de préparation. C’est plutôt maigre, mais ils peuvent avoir gain de cause grâce… à leur consensus autour. Seulement tous les observateurs s’inquiètent du nom du futur premier. Le retour à la démarche démocratique signifie qu’il s’agira d’un chef de parti, probablement (mais il n’y a aucune obligation constitutionnelle là-dessus) celui du parti ayant rallié le plus de suffrages. Dès qu’on commence à citer les noms, les critiques pleuvent. Il y en a un qui s’auto-élimine, c’est Abbas El Fassi. Mal conseillé, il multiplie les sorties médiatiques, on ne voit plus que lui. Or le discours est incohérent, très variable selon les humeurs du moment et le média concerné, surtout l’homme n’a pas beaucoup de charisme ni de maîtrise de soi. Les autres, tous les autres ne sont pas beaucoup mieux.  
Alors le microcosme fantasme sur Jettou. Le Premier ministre a beau annoncer qu’il ne sera pas de la partie, les gens continuent de lui voir un destin partisan. Il sera coloré avant les législatives, c’est une certitude, entend-on partout. Toutes ces spéculations sont le reflet de notre échec à faire de 2007 une étape décisive. Les partis ont raté le rendez-vous et nous devons faire avec. Ceux qui regardent les chaînes françaises et comparent le débat électoral français avec les sorties de nos hypothétiques premiers ont un comportement d’offshore. C’est le meilleur moyen de se convaincre qu’il vaut mieux s’abstenir. Dans ce pays, il y a une vraie malédiction, c’est notre relation au temps, nous laissons toujours filer cette denrée non renouvelable. Maintenant le plus raisonnable c’est de fixer l’objectif 2012 et d’y travailler sérieusement.
Le cahier de charges lui est immuable. La classe politique sait que sa mise à niveau passe par l’élaboration de véritables programmes, la démocratie interne, un fonctionnement qui permette l’émergence des idées et des compétences, la constitution d’appareils au service du parti et pas des ambitions de ceux qui le dirigent. Cette révolution n’est pas aussi simple à faire qu’il n’est aisé de l’écrire, parce qu’on n’efface pas un demi-siècle d’histoire partisane juste par volontarisme. Mais cette révolution est une exigence historique pour passer à l’étape au dessus de la construction démocratique et pérenniser les acquis.
Les chefs historiques obligeraient la nation en menant cette révolution avant de prendre une retraite plus que méritée sans attendre que la nature s’en charge.

* Chronique rédigée avant l’annonce de l’adoption du 7 septembre comme date du scrutin législatif 

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