100% Jamal Berraoui : Comme si de rien n’était…

100% Jamal Berraoui : Comme si de rien n’était…

Le Roi a choisi, à plusieurs reprises, l’ouverture de l’année législative pour dire aux partis leurs quatre vérités. La démocratie a besoin de partis en état de fonctionnement, ce qui est loin d’être le cas. Le gouvernement a préparé un projet de loi sur les partis.
Ce projet fixe des normes de fonctionnement qui se veulent démocratiques, transparentes et modernes.
L’aspect éthique est incarné par une disposition qui interdit la transhumance. Ce phénomène est dénoncé par tous les partis, mais aucun n’a jamais refusé des ralliés. L’USFP, qui avait adopté cette règle, l’a transgressée et est parti à la pêche aux conseillers pour constituer le groupe que lui ont refusé les urnes. On s’est dit qu’après le dernier discours du Roi et avec le long processus ayant abouti au projet de loi, les partis allaient entamer leur nécessaire mue. C’était compter sans l’incurie des chefs. Côté fonctionnement d’abord, Aherdan donne une nouvelle fois la mesure de son attachement à la démocratie. Son congrès est clos depuis plusieurs semaines mais les Instances «Elues» ne sont toujours pas au complet. L’Amghar refuse d’y voir siéger quelques noms et s’oppose donc à la volonté de la base. Celle-ci n’avait qu’à suivre un zaïm qui, depuis 50 ans, a développé une théorie de management politique unique au monde. Aherdan fabrique des ministrables ou des parlementaires et leur coupe la tête le congrès d’après. Son mouvement est au gouvernement de manière quasi permanente, combien y a-t-il d’ex-ministres au MNP ? Ils ont tous giclé !
Aherdan n’attend pas que le blé lève, dès que l’un de ses fidèles a de la visibilité, il le vire. C’est ainsi qu’il est sûr qu’il ne sera pas trahi. A 80 balais, il se projette encore dans la décennie à venir, le renouvellement des élites est en bonne voie.
L’Istiqlal, depuis le départ de Boucetta, a un rapport à géométrie variable avec l’éthique. Abbès El Fassi avait débauché des parlementaires le lendemain des élections pour damer le pion à Youssoufi. Le Roi a nommé Jettou. Aujourd’hui, c’est par régions que l’Istiqlal débauche. Hadj Ali Kayouh a ramené avec lui plusieurs conseillers de Houara, cette fois c’est du côté de Ouazzane que Saâd Alami est allé chercher des troupes. L’objectif est connu : ravir la présidence du Parlement à l’USFP. C’est le ministre chargé des Relations avec le Parlement qui hérite de la besogne.
Son secrétaire général et lui-même ont pourtant un engagement politique vis-à-vis du projet de loi sur les partis. Qu’à cela ne tienne, Abbès El Fassi sait qu’il ne sera jamais Premier ministre, mais il veut absolument que son parti prenne la tête de la Chambre avant la fin de la législature. L’éthique, on sait le cas qu’il en fait depuis l’affaire Annajat.
Chez les autres, ce n’est pas mieux, coups bas, tripatouillages luttes de clans, sont la règle. La loi y changera-t-elle quelque chose? Il est permis d’en douter à moins d’étendre le départ volontaire aux professionnels de la politique.
Ce spectacle désolant n’augure rien de bon pour les élections de 2007, c’est-à-dire demain. Il renforce le rang des abstentionnistes et vide l’opération de tout sens. Les professionnels, eux, savent qu’il y aura des maroquins à partager. C’est leur unique souci!

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