100% Jamal Berraoui : De l’égalité des sexes

100% Jamal Berraoui : De l’égalité des sexes

Le futur mariage de Sarkozy ne m’excite pas, la politique-show, cette manière de mélanger les coucheries et la raison d’État m’inquiète, mais ce n’est pas cela qui constitue mon propos. J’ai appris au détour d’une phrase, dans une émission télé que Cécilia (la pauvre) ne pouvait pas se remarier en février, si elle en avait le désir. La loi lui impose un délai de 6 mois. Le principe, si j’ai bien compris est le même qu’en Islam, ce délai est censé sauvegarder la paternité de tout doute. La science aujourd’hui établit de manière certaine l’existence d’un fœtus au bout de cinq jours. Cela m’étonnerait fort que Cécilia et Nicolas se soient livrés à des galipettes quelques heures avant l’annonce de leur divorce. Depuis celui-ci, il s’est passé plusieurs semaines et l’ex-première Dame peut prouver qu’elle n’est pas enceinte. En fait, si je pose ce problème, c’est parce que les féministes ont oublié de s’y intéresser. Comme pour la question de l’héritage au Maroc en France ; ils ont dû se dire : «Quand les gens divorcent ce n’est pas pour se marier 15 jours plu tard». Seulement voilà, Nicolas le pressé, le premier des Français, a fait son deuil de «l’amour de sa vie», retrouvé un amour et décidé de se marier en quelques semaines. Cécilia, elle ne peut pas épouser son mec. C’est un cas d’inégalité aberrant. Même les «chiennes de garde» ne se sont pas soulevées contre cette loi inique. Les mœurs de la société française ont tellement évolué, que cette question paraît caduque. D’ailleurs, je suis curieux de savoir si Cécilia peut pacser, ce qui révélerait une incohérence absolue du droit français. À mon sens, cette passivité face à un cas d’inégalité devant la loi est dangereuse. Cela signifie que le principe d’égalité peut souffrir des exceptions. Or nous sommes face à une loi qui représente les deux caractéristiques fondamentales de ce que les féministes ont toujours combattu : elle est d’inspiration religieuse, donc nécessairement rétrograde, elle refuse d’intégrer les avancées de la science.
En France, le pays de la laïcité, des droits de l’Homme, des lumières, un mari divorcé peut se remarier le lendemain de son divorce. Sa femme doit attendre 6 mois au nom du principe de «viduité», c’est-à-dire qu’il faut savoir si elle était «pleine» avant le divorce. C’est cru, c’est écrit comme cela et c’est révoltant. L’égalité des individus en général et l’égalité des sexes est un combat qui présuppose la vigilance, parce qu’il n’est jamais fini. Sans vouloir extrapoler sur des sujets précis, dont effectivement la question de l’héritage, au Maroc nous avons besoin de la refonte de ce combat. Le principe d’égalité au sein de la famille étant acquis, il faut maintenant se battre point par point, pour le rendre effectif, ce qui est loin d’être le cas. La nouvelle phase exige un courage politique plus grand que ce que l’ensemble des démocrates démontrent. Pour tout dire, ils donnent l’impression de se satisfaire de l’arbitrage royal sur le code de la famille, après la défaite face aux intégristes lors de la bataille de la Moudaouana. L’égalité des individus est le socle même de la démocratie, qui ne saurait se réduire à des opérations votatives, même transparentes. Accepter des exceptions, au nom du réalisme, est peut-être acceptable dans l’action politicienne pas dans l’associatif et encore moins dans le combat des hommes libres. D’ailleurs, ce principe ne se décline pas seulement au niveau du corpus législatif. C’est en son temps qu’il faut se révolter contre la situation de l’enseignement public, de l’apartheid qu’il crée au niveau de l’instruction et du Tchernobyl social qu’il nous prépare. C’est au nom du principe de l’égalité des individus face à l’accès aux soins qu’il faut dénoncer le délabrement de la santé publique, les morts qu’on aurait pu éviter et qui ne concernent que les pauvres ou celles plus absurdes des femmes qui meurent à l’accouchement parce qu’elles ont besoin d’une césarienne et que l’hôpital le plus proche est à 100 km de leur village enclavé. Ce combat-là n’est pas assujetti à un agenda politique, le lien à un tel agenda, c’est retomber dans les erreurs du passé. Jeunes, nous pensions que la question de la femme sera résolue par la révolution socialiste et que c’était une perte de temps de mener des combats spécifiques. Le résultat c’est que sous la pression de la mouvance intégriste, la société enregistre des reculs sur bien des points. Ce combat aussi ne peut hiérarchiser ses causes, du moins sur le plan des déclarations de principe. Pour l’avoir oublié, les féministes françaises doivent accepter aujourd’hui que le président français jouisse de plus de droits que sa femme.

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