100% Jamal Berraoui : la débandade

100% Jamal Berraoui : la débandade

Bourgeois et petits bourgeois donnent dans la peur. Pour eux 2007 est déjà joué, les islamistes sont déjà au gouvernement, sinon au pouvoir. La messe est dite, alors il vaut mieux se positionner tout de suite. L’inculture politique la plus crasse se dédouble de l’opportunisme le plus flagrant, le tout enrobé par la couardise la plus abjecte. Surtout que ce mouvement est accompagné par une presse qui a, depuis longtemps, dépassé le stade de la complaisance pour atteindre celui de la servilité. Les fascistes n’en ont cure, ils engrangent c’est tout.
Justement ils viennent de tirer un bon numéro, à moins que cela ne soit un bon coup. Au nom du collectif «Démocratie et Modernité», Noureddine Ayouch a présenté ses hommages. Il a déclaré, en substance, que le PJD devrait normalement être au gouvernement à qui il apporterait «compétence et crédibilité». Ceci après s’être emporté dans des acrobaties vides de sens autour de la laïcité.
Noureddine Ayouch est derrière Zakoura qui est une excellente initiative, ce qui est très bien. Cela ne fait pas de lui un leader d’opinion. Or, c’est à ce titre qu’il est sollicité, de manière abusive, par la presse. L’homme a fini par y croire, au point qu’on le trouve partout, y compris sur des débats très éloignés de ses préoccupations et donc de ses compétences. C’est l’un des points noirs du débat public dans cette phase historique. Pressés d’en finir avec une classe politique, fortement atteinte il est vrai, mais qui a le mérite d’avoir existé quand cela comportait des risques, médias et intelligentsia bidon ont adoubé ce qui se présentait pour la supplier. C’est ainsi que 6 ou 7 personnes ont été estampillées société civile. La presse, les télés en ont fait des vedettes, même et surtout quand elles affirmaient ne pas avoir de carte d’électeur. Ce qui, bien évidemment, ne les empêchait pas de donner des leçons à ceux qui tentent encore d’encadrer les Marocains. Malheureusement, dans certains cercles importants, la même illusion a trouvé preneur. Les feuilles de vigne tombent, parce que le temps dévoile tout c’est imparable.
Pour contrer les islamistes, il faut faire de la politique, avoir des convictions bien accrochées et un cadre adéquat. Ce n’est pas une question de communiqués, signés par des hommes au-dessus du besoin et néanmoins sponsorisés par une ONG allemande.
Combattre l’islamisme, c’est d’abord dégager une ligne politique claire, mettant les intégristes hors-jeu. Ensuite, dégager le cadre de mobilisation des forces résolues dans ce combat. Elles existent et en masse. Les islamistes, toutes tendances confondues, ne représentent en terme d’influence que 15 % de la population au maximum.
Ce combat n’est pas celui d’opportunistes, il est celui de militants aguerris, résolus, décidés à rendre coup par coup et surtout à redonner espoir au peuple. Les discours, tous les discours, n’y changeront rien. Ce sont les mobilisations, les engagements autour des questions de l’enseignement, de la santé, de la justice, de la vie des gens qui peuvent créer un processus vertueux, marginalisant les commerçants de l’après-Monde. Ce débat sur la laïcité, dans ce contexte, est au mieux un luxe d’intellectuels, au pire un piège. Plus laïcard que moi tu meurs, mais j’ai l’intime conviction que ce n’est pas ce débat qui permettra de réduire le péril fasciste. Les pseudo-intellectuels, les consciences nationales auto-proclamées, les chefs de partis enclavés peuvent continuer leur macabre procession de normalisation avec les intégristes. La société elle, mue par les éléments de modernité acquis et par son désir de progrès dégagera ses résistances. Cela est déjà le cas pour qui sait voir, mais c’est trop demander à des médias coupés de leur monde.

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