100% Jamal Berraoui : La pieuvre en chewing-gum

100% Jamal Berraoui : La pieuvre en chewing-gum

Le Maroc est probablement la seule démocratie au monde où d’anciennes victimes de la répression écrivent :  «Nous serons  parmi les premiers à réclamer que la loi soit appliquée, sans zèle mais sans laxisme non plus, chaque fois que la loi… aura été enfreinte». Derrière cette réaction, il y a un sentiment légitime de révolte. La nation est mise en équation quotidiennement, les valeurs qui la fondent sont piétinées au vu et au su de tout le monde, par une alliance, plutôt un fatras qui prend la retenue pour la faiblesse, la liberté pour l’anarchie et surtout qui use du chantage au soutien étranger comme de l’arme de dissuasion fatale.
Ce fatras est aujourd’hui clairement instrumentalisé par un courant régressif, qui en appelle aux visions de son psychédélique leader pour imposer sa volonté au peuple. Le fatras en lui-même n’est guère inquiétant. De qui s’agit-il ? D’un Iznogoud indécemment intrigant, de journalistes incultes à sa solde, de bourgeois suicidaires. Un ramassis d’individus sans envergue aucune. C’est l’ambiance délétère qui leur a permis de sortir de leur place naturelle : la marge.
Al Adl wal Ihssane et les assassins jihadistes relèvent, eux, d’un autre phénomène. Phénomène réellement dangereux, parce qu’il se nourrit de conditions objectives et historiques et qu’il peut effectivement menacer la nation.
La réaction de l’Appel citoyen, au fond, s’adresse d’abord à ce phénomène. Elle est d’abord la réaction de démocrates refusant la «burka», le pouvoir théocratique. C’est d’abord contre Nadia Yassine, sa provocation, sa chimérique république que les vrais démocrates se sont soulevés comme un seul homme, de manière spontanée. L’agissement de militants politiques, ils savent que c’est l’ambiance délétère, entretenue par les nihilistes irresponsables, qui a permis la provoc. 
Dès lors, le fatras n’a pas à nous rejouer les victimes, ce n’est que du collatéral. S’ils pensent que la nation marocaine se mobilise contre une pieuvre en chewing-gum, c’est qu’ils ont un miroir complaisant. Bien évidemment, il faut qu’ils subissent les rigueurs de la loi chaque fois qu’ils se mettent en dehors. Sur ce plan-là, no varietum, ma position est la même, c’est-à-dire que rien ne justifie une supra-citoyenneté  des journalistes et que ceux qui méritent la taule doivent s’y retrouver illico-presto. Mais ne nous trompons pas d’ennemis. Les deux principaux sont identifiés. D’abord les séparatistes. L’Etat mène sa diplomatie. Nous, citoyens devons, sans complexe, rappeler que le Maroc sans le Sahara serait une entité vassalisée sans avenir, et que nous refusons une telle perspective, mortelle pour une nation ancrée dans l’Histoire et en droit d’avoir des prétentions. Point.
S’il faut discuter, on discutera; s’il faut user du napalm on le fera. C’est ce discours qui mobilisera les Marocains. Toute voix discordante sera piétinée par le peuple et non pas par la police.
Le fascisme intégriste est une autre menace réelle pour le Maroc, parce qu’il veut nous ramener 14 siècles en arrière, nous interdire toute possibilité d’intégration dans le monde actuel. De manière directe, il agit comme un élément de radicalisation des revendications amazighes, dont la légitimité est indiscutable par ailleurs. Ces deux dangers, séparatisme et intégrisme fascisant, ont reçu un début de réponse dans l’Appel citoyen. Il nous appartient de maintenir la pression et d’ouvrir des espaces de mobilisation au nom de la légitimité de la nation.
Les enflures ont sévi trop longtemps, c’est aux patriotes de réagir et imposer la première loi de tout groupe humain : celle qui assure la survie. Dans nos différences, fixons les frontières du débat politique ; ceux qui se mettent en dehors ne doivent avoir droit à aucune compassion et même pas à «une nouvelle chance».

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