100% Jamal Berraoui : Le poison de Tifariti

100% Jamal Berraoui : Le poison de Tifariti

La RASD s’apprête à fêter son 27e anniversaire. Cela fait 27 ans que cette chimère est entretenue par la soldatesque d’Alger, cela fait beaucoup de milliards de dollars et donc des logements en quantité respectable que les habitants d’Alger ou de Sétif n’ont pas eus. Les organisations humanitaires y ont aussi laissé des plumes, par naïveté ou par concussion, le HCR en tête, qui n’a réclamé que depuis peu le recensement des réfugiés. Cette année, l’anniversaire est prévu en grande pompe au Tifariti. Pour rappel, c’est la zone que le plan de règlement a qualifiée de no man’s land, le polisario l’a investie et essaye d’y installer ses institutions bidons et accréditer la thèse des territoires libérés… par la Minurso. Jusqu’ici c’est le seul résultat tangible du plan de règlement. La diplomatie fait ce qu’elle peut ou ce qu’elle veut.
N’ayant pas ses contraintes, je me limite à faire des constats et ce qui se passe au Tifariti est intolérable. Mais ce n’est pas pour commémorer à ma manière l’anniversaire de la «RASD» que je commets ce billet. Le prétexte est beaucoup plus consistant. Il est maintenant prouvé que le sud du Sahara et le Sahel sont devenus un sanctuaire pour les groupuscules terroristes. La Mauritanie l’a vécu dans sa chair après l’attaque de l’une de ses garnisons par un groupe armé algérien. Les Occidentaux, USA en tête, en ont la conviction. Mieux, l’on sait maintenant, de manière certaine, que des éléments du polisario collaborent étroitement avec l’internationale terroriste. Cette donne finira par ouvrir les yeux sur les risques que l’Agérie fait courir à toute la région par sa politique. Aux Îles Canaries, c’est une partie d’un autre genre qui s’est jouée. L’affaire du Sahara était au centre des débats lors d’un colloque. Le Maroc, avec sa ténacité dans la recherche d’une solution politique, a pu rallier les suffrages d’autant plus que les participants ont été ulcérés par l’arrogance des porte-valises algériens, qui sont souvent des porte-flingues et qui croient que tout le monde est sensible aux petrodollars de la sécurité militaire. D’ici à avril, le Maroc présentera sa copie sur l’autonomie et ses contours. S.M. le Roi l’a voulu comme une décision de l’ensemble de la représentation nationale. De débat, il n’y en a point. Pourtant, il faudra bien en débattre pour dégager un consensus et reconstruire un front intérieur fort nécessaire à l’entrée de cette dernière ligne droite. Les partis politiques, associés à cette démarche, ont le devoir de mobiliser autour et de créer une dynamique qui remette l’intégrité territoriale au centre de la vie politique, y compris dans ses aspects sécuritaires, parce qu’il n’est pas question de laisser le polisario profiter des effets de la démocratisation en manipulant un quarteron à Laâyoune du genre Tamek et ses acolytes.
L’Algérie, elle, continuera ses manœuvres, c’est sans espoir parce que c’est une pathologie. L’élite algérienne, la plus intelligente, celle qui arrive à aligner des phrases cohérentes sur ce sujet, a un grand reproche à nous faire : le narcissisme historique. A écouter ces gens, souvent sympathiques, nous aurions fait exprès d’avoir des siècles d’histoire, c’est-à-dire d’Etat derrière nous, d’avoir tenu en respect tous les califats et en particulier l’ogre ottoman . Nous avons le malheur de ne pas avoir attendu la guerre de libération pour devenir une nation, ni 1944 et Messali Hadj pour dégager une conscience nationale. Nous sommes donc coupables de narcissisme historique, juste parce que nous avons une histoire.
Dès lors, cette élite algérienne accepte que l’argent du gaz, ou ce qu’il en reste  après que les généraux se soient servis, soit utilisé pour une chimérique RASD. Il n’y a pas d’autres élites en vue à l’est de nos frontières et il faut croire qu’ils les formatent tous autour de l’idée qu’un Maroc puissant ne peut se faire que contre Alger. Alors arrêtons de rêver à un retour au bon sens de nos voisins et à guetter la moindre parole allant dans ce sens de la camarilla d’en face. Je suis ainsi fait, je n’aime pas ceux qui haïssent mon pays et je ne suis pas prêt à leur faire la moindre concession. Or à Alger, au-delà de l’affaire du Sahara, c’est le Maroc ancestral qu’on hait de manière épidémique.

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