100% Jamal Berraoui : Pour un stade excentré !

100% Jamal Berraoui : Pour un stade excentré !

C’est faire peu de cas d’une vie humaine, surtout celle d’un enfant, que de  considérer que ce qui s’est passé au Stade d’Honneur le week-end dernier relève de la fatalité. S’il y a eu bousculade, c’est parce que seules trois portes étaient ouvertes et que les supporters étaient excédés pour l’élimination de leurs favoris et l’excès de zèle sécuritaire. Il faut savoir que la police n’a pas pu mobiliser les effectifs suffisants parce qu’étant à la veille du 1er mai, il fallait garder des forces fraîches à mettre sur le macadam le lendemain matin.
Mais pourquoi avons-nous besoin d’un tel déploiement des forces de l’ordre à chaque match important ? Le hooliganisme est malheureusement un phénomène universel. Certains jeunes désœuvrés profitent des phénomènes de foule pour donner libre cours à leurs instincts les plus bas. La violence collective, gratuite, inouïe, parfois barbare, est un défouloir, une expérience de la mal vie. Les bus ne sont pas les seules victimes de cette orgie de violence hebdomadaire, les riverains du stade le sont aussi à plus d’un titre. Ainsi, les cordons sécuritaires limitent leur liberté d’accès à leurs domiciles pendant plusieurs heures. Il est même arrivé qu’une famille n’a pas pu organiser des funérailles décentes à l’un des siens, parce qu’il a eu la malencontreuse idée de quitter ce monde le jour d’un match Raja-Wac d’enfer. Les commerçants ferment boutique de peur de pillages, les voitures subissent les assauts des supporters qu’ils soient enivrés de la victoire des leurs, énervés par la défaite. Les forces de sécurité ne peuvent que limiter les dégâts et la répression ne sert à rien. Plusieurs groupes de vandales ont été traduits devant la justice et ont écopé de peines sévères sans que cela mette un terme à ce phénomène désolant. Il faut se rendre à l’évidence, l’emplacement du stade est inquiétant. Un stade de cette importance accueillant des dizaines de milliers de personnes, situé en pleine zone immeubles est une incongruité marocaine. Il est notable d’ailleurs qu’une association de riverains s’était constituée pour réclamer sa fermeture. Sa gestion sécuritaire est un vrai casse-tête, vu le nombre de voies d’accès, de ruelles, de corridors à sécuriser. Lors de la campagne pour l’organisation de la Coupe du monde 2010, on avait avancé le projet d’un nouveau stade à Bouskoura. L’idée est lumineuse parce qu’elle faciliterait l’encadrement des hooligans, voire leur isolement par un effectif de policiers réduit. Ce projet a été abandonné parce qu’on a estimé qu’il n’y avait pas besoin d’un nouveau stade, Blatter ayant préféré l’Afrique du Sud. L’une des clés du financement pourrait être la vente du terrain de l’actuel complexe. Il pourrait être aménagé en tours pour bureaux et dégager une partie du financement du nouveau projet. Quant à l’autre argument des anti, celui de l’éloignement et donc du préjudice que cela occasionnerait au WAC  et au Raja, il ne tient pas la route. D’abord parce que le potentiel spectateurs de ces deux clubs est énorme. Ensuite, parce que les transports publics suivront, d’autant plus qu’ils seront assurés de ne pas faire subir des dégradations énormes à leurs bus.Il serait d’ailleurs intéressant dans le cadre de la gestion du foncier à Casablanca de reprendre les terrains octroyés aux clubs et de leur offrir un espace à Bouskoura et des compensations financières. La ville y gagnerait un réservoir foncier d’importance et pourrait financer le nouveau stade. Il y a urgence, parce qu’il ne faut pas attendre un drame plus douleureux pour réagir. 

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