100% Jamal Berraoui : Que faire ?

100% Jamal Berraoui : Que faire ?

A l’âge où les enfants s’initient à la play station, jouent au football, rêvent de grands espaces, un petit Irakien s’est fait exploser pour punir un général. Il a raté  celui-ci mais ne s’est laissé aucune chance. L’horreur au quotidien , banalisée, n’interpelle plus grand monde. Mais là il s’agit d’un gosse, qui pourrait être le vôtre ou le mien. Jamais idéologie mortifère n’a fait autant de dégâts. Le jihadisme n’est rien d’autre que la dégénérescence du genre humain. Crier notre dégoût pour ces kamikazes, surtout pour ceux qui les manipulent, pour les idéologues de la mort, n’a qu’une utilité relative et très subjective. Il nous permet de libérer notre colère et de passer à autre chose car, pour l’heure, il est évident que nous sommes impuissants face à un phénomène qui, par son horreur, dépasse l’entendement. Un enfant de 10 ans a choisi de se faire exploser 24 heures avant une fête religieuse. Partout dans la sphère arabo-musulmane,  les enfants attendent avec une impatience les nouveaux habits que leurs parents sont censés leur offrir,  tradition exige. Pas ce chérubin irakien, manipulé par des fous, qui a préféré une mort atroce, la promesse du paradis céleste, aux petites joies d’ici bas. Quel désespoir, quelle cause peut justifier cela ! In fine, l’idéologie de la haine ne nous propose que le suicide collectif comme perspective, la barbarie comme mode de vie, la transcendance de la mort  sublime sur l’instinct de survie. Le plus horrible c’est que cela marche, élargit chaque jour ses adeptes et crée les conditions de sa prolifération. Se voiler la face, compter sur la collaboration sécuritaire internationale pour réduire le phénomène, croire qu’il n’est que conjoncturel et de toute les façons circoncis, est une attitude capitularde qui n’aboutira qu’à la catastrophe à l’échelle de l’humanité. Même si par humanisme, nous nous refusons, et à juste titre, de trouver la moindre justification à un mode opératoire qui fait de la négation de la vie son credo, il nous faut prendre en compte le désespoir qui permet ses recrutements. L’Amérique, l’Occident, Israël, les régimes vermoulus, apparaissent tout de suite au banc des accusés. Ce n’est pas céder à la logorrhée des Abou Jahl que de pointer du doigt la responsabilité. L’Administration crapuleuse de Bush, qui a menti au monde entier pour aller en Irak, dont tous les ténors, les idéologies sont des salariés du complexe militaro-industriel  ( Wolfansen, Pearl, Dove Vakaeen et Dick Cheney lui même), ne laisse aucn espoir à toute une région. La parodie de procès de l’ex-dictateur irakien est ressentie comme une humiliation supplémentaire. L’effet pervers étant que la colonisation transforme le dictateur honni en symbole  d’un Irak fort, fier, indépendant. Al Qaïda n’est pas la seule force à trouver la guerre faite aux peuples palestinien, irakien, afghan, sale injuste, impériale. Ce n’est pas le discours barbare qui a produit la situation mais l’inverse.  L’Occident, l’homme blanc, ne peut exciper de l’horreur pour se dédouaner de ses responsabilités. Israël est sa créature, c’est une vérité pas un fantasme de fou de Dieu. C’est un Etat raciste, qualifié comme tel à Durban par un cénacle représentant l’humanité, usant de l’assassinat politique, du crime d’Etat comme politique officielle, avec le soutien des capitales occidentales. Cet Etat-là occupe des terres arabes depuis des décennies et impose sa volonté au monde. Les peaux-rouges, les Aborigènes ont été décimés, sans que cela taraude la conscience collective des pays érigés sur leurs terres. Le monde arabo-musulman c’est quand même 1 milliard d’hommes. Il sera plus difficile à éliminer de la surface. Tout cela n’occulte en rien que nos sociétés bloquées, rétrogrades  voire archaïques, assument la part de responsabilité la plus grande dans la production des monstres. Que faire alors ?
Combattre pour la modernisation de ces sociétés, l’intégration des valeurs universelles, mais ne rien céder à Israël ni à l’impérialisme anglo-saxon. C’est parce que nos modernistes ont souvent été conciliants, au nom de la real-politik, sur ces questions, qu’un gosse s’est fait sauter faute d’autre perspective. La prochaine image de la mondialisation vue par la mafia de Bush, sera celle d’un fermier du Kentucky de 18 ans abattant un Irakien de 8 ans parce qu’il le trouvait menaçant. Ce jour-là, la barbarie aura gagné encore plus de terrain, qui peut l’empêcher ?

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