16 Mai 2003 – 16 Mai 2016 nous n’oublions pas

16 Mai 2003 – 16 Mai 2016 nous n’oublions pas

 Il serait hélas utopique de penser que notre jeunesse puisse être immunisée de tout embrigadement ou que aussi vigilants que l’on puisse être nous sommes à l’abri de tout attentat -que Dieu nous en préserve-, il est donc indispensable d’effectuer tout un travail en amont.

Le 16 mai 2003 Casablanca était touchée par la barbarie qui a fait 41 victimes et une centaine de blessés – de toutes nationalités – et de toutes confessions. Quelques jours après, les Marocain(e)s réagissaient par une gigantesque Marche de 1 million de citoyen(ne)s criant leur refus du terrorisme sous la bannière «Matquisch Bladi». Depuis, hélas, la longue liste des villes et des pays atteints par les attentats terroristes n’en finit pas de s’allonger…et les noms de victimes de s’ajouter aux noms de victimes.

La France, la Belgique, la Tunisie, le Burkina Faso… et tant d’autres ont payé un cher tribut à l’extrémisme violent. Vendredi dernier encore le BCIJ arrêtait un Tchadien à Tanger qui préparait plusieurs attentats simultanés, mandatés par Daech. Il envisageait, 13 ans après, de nous faire revivre l’horreur de 2003, il avait déjà repéré ses futures cibles dans différentes villes: Rabat, Oujda, Tanger, Casablanca et voulait même annoncer la création d’un «émirat» dans la région de l’Oriental !

Lors de son arrestation par le BCIJ l’arsenal saisi est impressionnant et effrayant. Notre pays est bien évidemment une cible pour les terroristes et nous devons notre salut à nos services de sécurité que nous ne féliciterons jamais assez. Il serait hélas utopique de penser que notre jeunesse puisse être immunisée de tout embrigadement ou que aussi vigilants que l’on puisse être nous sommes à l’abri de tout attentat -que Dieu nous en préserve-, il est donc indispensable d’effectuer tout un travail en amont.

Parmi les outils de prévention, outre l’éducation, une vie  digne, l’accès à la culture  et l’offre de perspectives, tout un travail de dialogue, de pédagogie, de sensibilisation doit être entrepris, c’est ce que font des personnes telles que madame Soad Khammal au Maroc ou madame Latifa Ibn Ziaten en France, c’est ce que doivent également entreprendre les acteurs de terrain, au contact de la population.
Contre cette «idéologie» de la haine, en fait tout est à (re)bâtir et chacun de nous doit se sentir concerné et responsable, le temps est à l’intelligence et nous sommes comptables de nos propos et de nos actes : notre jeunesse attend de nous que nous la tirions vers le haut, que nous lui offrions des perspectives: à quand des actes concrets dont l’impact se fera sentir dans de brefs délais et non dans des lustres. A vingt ans on est impatient et c’est bien légitime car nos jeunes savent trop bien que la jeunesse est éphémère, or  nous sommes  en train de les condamner à être vieux avant même d’avoir été jeunes.

Le travail de mémoire tient également une place de choix dans la panoplie anti-embrigadement, c’est dans cet esprit, afin de ne pas oublier, que «l’Association marocaine des victimes du terrorisme», présidée par madame El Khammal – soutenue par les associations de jeunes: «Divers’Cité», «HappyNass», «Lueur d’Espoir Casablanca» et «l’Association Marocains Pluriels» – appelle à un rassemblement de la mémoire et du refus du terrorisme ce lundi 16 mai à 18h devant la stèle portant le nom des victimes, Place Mohammed V à Casablanca. Soyons conscients que cette commémoration est la nôtre, collectivement.

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