Assez de populisme !

C’est en participant au TEDx Casablanca qu’organisaient le talentueux jeune blogueur Reda El Ourouba et son équipe, ce samedi, que m’est venue l’idée de cette Tribune. Assis aux côtés du Professeur Abdelhadi Tazi, ce Monsieur qui incarne toute un pan de notre histoire et observant tous ces jeunes qui se pressaient pour prendre une photo avec lui, j’ai mesuré à quel point un pays, où une scène  telle que celle-ci est possible, possède de réelles raisons d’espérer et de donner à espérer ! Je sais pertinemment que «l’air du temps » veut que pour être populaire ( en vérité «populiste») il vaut mieux désespérer nos concitoyens en disant que rien ne va, que toutes nos élites sont corrompues, que tout est pourri, que nous sommes des opprimés et que la liberté de parole est un vain mot…j’en passe et des pires…mais personnellement je préfère faire preuve de courage, prendre le «risque de l’impopularité» et affirmer ce qu’est la réalité du terrain, dire ce qui se passe concrètement, sans enjoliver, sans rien travestir mais sans faire dans le misérabilisme condescendant, sans chercher à noircir le tableau par quelques diatribes ou écrits populistes. Le populisme qui flatte les plus bas instincts, le populisme qui avilit. Oui cette vision de Si Abdelhadi Tazi et tous ces jeunes, étudiants, militants associatifs, acteurs des réseaux sociaux… venus de toutes les couches de notre société, nous montrait que le meilleur est possible car le meilleur est en nous !
Petit à petit les mentalités, l’état d’esprit de nos jeunes «bougent», évoluent, s’affermissent…cela est palpable, si bien sûr l’on ne se contente pas de «twitter» de chez-soi sans jamais se frotter à la réalité de nos quartiers, de nos Maisons de jeunes et de nos facs. Les occasions de débat, de dialogue, de confrontation des idées se multiplient via les émissions de radios privées, les TEDx, les Cafés Politis, les rencontres organisées par les Clubs des écoles…les jeunes y acquièrent une capacité d’écoute et une faculté d’expression sans «œillères», les hommes et les femmes politiques ne rechignent plus à «descendre dans l’arène» du débat en voyant qu’en fait ils ont beaucoup plus à y gagner en terme de crédibilité, qu’à y perdre…bref au quotidien nous faisons tous ensemble l’apprentissage de ce que nous pouvons construire en commun, en dépassant les a-priori, les idées toutes faites et les postures factices. Alors comme toujours il y a ceux qui ne veulent voir dans tout cela qu’une «pièce de théâtre»- c’est leur expression favorite- et affirment haut et fort qu’ils n’en seront pas acteurs, ne se rendant pas compte qu’ils sont en fait les figurants d’une mauvaise série de science-fiction…et il y a tous ceux qui sont conscients que le train est en route, qu’il prend de la vitesse et qu’il faut être dedans, y monter, sinon on risque de rester à quai et demeurer un spectateur passif de sa propre vie.
Et puis il y a une autre catégorie qui bien souvent rejoint la première et choisit le populisme, la tentation du «misérabilisme», la démagogie et prend nos concitoyens et nos jeunes pour des «demeurés». Flatter, caresser «dans le sens du poil», enchaîner les lieux communs, ne pas avoir le front de dire que telle idée  certes répandue et populaire est fausse quand elle est fausse, n’est pas rendre service à notre population, ni l’aider à «s’élever», ni être digne de sa confiance. Aujourd’hui est le temps de l’action, de la vérité, de l’enthousiasme non pas pour maquiller une réalité que nos concitoyens vivent et donc –de toute façon- connaissent mieux que quiconque mais pour dire que «c’est possible», que le pire n’est jamais sûr, que nous «pouvons» si nous voulons, que les choses ne changeront pas sans chacun de nous. Ce n’est pas de discours de démission, ce n’est pas de démagogie dont nous avons besoin c’est de mobilisation, de volonté et de courage…C’est aussi le message que Amina Slaoui, depuis son fauteuil roulant, nous a transmis lors de ce TEDx. Merci !

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