Aujourd’hui le Makhzen : Fou Ali-er

Ne lisez pas Demain… ce que vous pouvez lire Aujourd’hui. Le directeur de «Demain» ne pourrait pas nous contredire, lui qui pompe les informations dans les publications de la semaine pour les transformer en sauce amère. Ali Lmrabet dont le nom de famille peut être traduit littéralement par «fou à lier» est «possédé» par la hantise du scoop quitte à avaler toutes les couleuvres.
Il suffit que l’une de ses connaissances, obscure et forcément manipulatrice, lui téléphone pour lui dire « Allo Ali, tu es au courant que… » pour qu’il sursaute et jubile. Quels que soient le degré et la stupidité du canular, il saute sur les trois points de suspensions pour les convertir en article sensationnaliste. Sa fougue, propre au néophyte dans le métier qu’il est, lui fait oublier qu’une information a besoin de recoupements et de confirmation pour être publiée.
Que dalle ! Pourvu que le faux scoop touche à un ministre ou un haut cadre de l’Etat pour qu’il l’étale en gros caractères avec tous les mensonges possibles et imaginables, «relativisés » par un suremploi du conditionnel. Un mode qu’il croit immunisant contre la diffamation pour qu’il l’emploie à tort et à travers dans ses feuilles de choux hebdomadaires. Pour lui, tout fonctionne à l’envers pour que l’information soit libre… et que son commentaire soit sacré comme la pierre qu’il exhibe à tout bout de champ.
Le ridicule est ainsi conjugué au présent comme cette affabulation sur le Premier ministre sortant paru dans le dernier numéro d’Ali la gaffe. Voilà ce qu’il a écrit: «Selon des sources proches de la Primature, l’ancien Premier ministre devrait garder l’intégralité de son salaire de chef de gouvernement». Les «sources proches» ont oublié de préciser au petit Ali que leur scoop n’est pas une information mais une loi ancienne qui s’applique à tous les Premiers ministres.
Pour un directeur de publication, c’est le comble de l’ignorance conjuguée, bien sûr, avec la mauvaise foi et l’esprit revanchard qui lui fait écrire ceci : «(…) le militant historique qui a passé quarante ans de sa vie en exil, vient d’accepter un cadeau somptueux du pouvoir.» Il faut bien qu’il s’en prenne à Abderrahmane Youssoufi quitte à prendre ses lecteurs pour des ignares en masquant un décret par un scoop fictif. Mais Thami Afailal n’en a cure, lui qui confond son pseudonyme avec le mode du conditionnel en croyant qu’ils évitent les poursuites judiciaires. Le dédoublement de personnalité est avéré.

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