Aujourd’hui le Makhzen : La presse qui bégaie

Chaque semaine, une foule de lecteurs curieux et de badauds se presse devant Demain de Ali Lamrabet. Que cherchent-ils ? L’information selon les normes du métier? Le scoop bien rédigé qui intéresse les gens ? Non. Ils sont en quête de ragots de caniveau et de nouvelles diffamatoires. C’est le journalisme-accident de la route. Avec ce concept qui confine au voyeurisme de bas étage, sûr de trouver dans la feuille de chou accidentelle, cette excroissance malsaine, un imprévu, un canular ou une surprise de mauvais goût. Et la foule qui détale pour satisfaire ses pulsions dans un bazar de bric et de brac.
Tout à sa crétinerie, Ali Lamrabet croit faire de la satire à la manière du Canard enchaîné alors qu’il ne fabrique que du papier brouillon. Ali-le fax est magnifique dans le rôle qu’on lui fait jouer à l’insu de son plein gré. Dans un seul numéro de Demain, vous avez les deux grands livres de Sartre, la nausée et les mains sales. Une serpillière où tout aigri rejeté après avoir été adulé peut se nettoyer les pompes et régler ses comptes. À l’oeil. C’est du gratuit à tous les coups.
Envoyez ce que vous voulez et vous êtes certains d’être dupliqués mieux que la photocopieuse. Quand on sait que le type manque terriblement d’humour et d’amour, triste comme un ciel gris d’automne, malheureux dans sa vie privée comme une pierre, il y a de quoi verser une larme. En Argentine où il était employé à l’ambassade du Maroc avant d’être expédié chez lui en guise de sanction, il était déjà superstar qui agresse le sexe faible avec lequel il a manifestement un problème très sérieux.
Au lieu de courtiser gentiment une fille qu’il a croisée en bas du bâtiment de l’ambassade, il l’a traînée violemment par les cheveux en la rouant de coups.
Lamrabet était comme électrocuté. En transe. Et la police argentine qui débarque. Fait divers à Buenos Aires. Accident regrettable qui a valu à l’ambassade du Maroc de voir ses comptes bancaires bloqués par les autorités argentines. De retour au pays, il squatte la presse par le biais de laquelle il déverse par vengeance son fiel contre son pays et sévit comme un vulgaire .
La pitié est un pauvre sentiment, mais c’est tout ce dont on est capable à l’égard de Lamrabet. Ceux qu’il insulte et injurie chaque semaine ne le haïssent même pas. Car la haine, sentiment noble, se mérite. Avec le directeur de Demain, ce n’est pas la presse sûre. C’est le journalisme qui bégaie. Tous comptes faits, il est bon pour le divan. Un psychanalyste en sortira des trésors d’informations authentiques. Pas des potins. S’il n’avait pas existé, on l’aurait créé. Sacré Ali .M

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