Aujourd’hui le Makhzen : Les vertus du benjoin

Cette chronique que nous voulons ramadanienne et un peu satirique ne peut démarrer en ce mois sacré sans que l’on rende un hommage, à peu près, posthume – à prendre dans le sens de tardif – à celui qui nous l’a inspirée. Nous la devons à Ali Mrabet le directeur du premier hebdomadaire satyriasique du Maroc : Demain magazine, le self-service de l’information croisée. Un gramme de vérité pour une tonne de mensonge. Le meilleur rapport qualité-prix sur le marché noir. Nous rendons grâce à celui qui en se conjuguant à tous les temps a fini par rencontrer un jour le conditionnel et à lui redonner ses lettres de noblesses dans la presse nationale. Serait-il un peu con ? Que non. Serait-il un peu taré ? Que nenni. Serait-il un peu fou-fou ? Que diable allez-vous chercher? Serait-il un peu, sur les bords, obsédé sexuel ? Que celui qui n’a jamais tripoté – sous prétexte de lui apprendre le métier – une journaliste dans une salle de rédaction, lui jette le premier anxiolytique venu sous forme de pierre sacrée.
Un comprimé, ça va. Deux comprimés, ça va très bien. Trois comprimés…bonjour le makhzen. Les mérites de celui qui a donné à la satyriasis de presse dans notre pays sa vraie dimension, sa vraie ampleur et sa vraie philosophie ne pouvait qu’être loué pour ses services. D’ailleurs il ne prend pas cher, fait des prix et des facilités de paiement. Ali Mrabet joue au mauvais garçon alors qu’il est tout simplement un bon bougre qui manque d’amour. Il ne ferait (merci, le conditionnel) pas de mal à une mouche s’il pouvait éventuellement l’enculer. Mais tout le monde le sait, depuis Sodome et Gomorrhe, que l’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.
Les haines de Ali Mrabet sont passagères, ses rancoeurs éphémères, ses alliances circonstancielles, ses colères ombrageuses et son agressivité temporaire. Il est incapable d’une animosité durable car il oublie. Au niveau du fric, il n’est pas cupide. Tout le monde le sait. Il vit chichement de la pension d’invalidité ou de veuvage on ne sait plus que lui verse Mohammed Berrada de SAPRESS. Celui qui selon Ali Mrabet a gagné, sans conditionnel, le con, un procès imaginaire contre ALM.
Quand Berrada a défalqué tous les frais, il lui verse une obole, service compris si l’on peut dire. Pour le reste il se débrouille, les extra, comme dans la restauration, se font au jour le jour. Mais pour être juste avec Ali Mrabet, il faut arrêter de dire qu’il roule pour les services espagnols. C’est faux, archi-faux. Il roule aussi, pour les Marocains. C’est un genre d’homme, un peu imprécateur, un peu illuminé dont les services du monde entier, raffolent car il est notoirement réversible. Il fonctionne dans tous les sens. Il est à voile et à vapeur. Pal-secam. Tu veux lâcher une rumeur, une intox, un test, une fausse info ; qu’à cela ne tienne appelez, Ali, le fax, il s’en chargera. Ali le Jaoui, le benjoin, en français, la diffusera. Avec un gramme de Jaoui, vous aurez une tonne de fumée. C’est garanti. Mais que voulez-vous il faut bien que le corps exulte !

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