Autrement : la guerre des nourritures

Autrement : la guerre des nourritures

Les autorités françaises, après avoir évalué les risques de «troubles à l’ordre public» que cela représentait, avaient finalement laissé faire. Ce fut un énorme échec: quelque deux cents participants seulement dans la capitale, une cinquantaine à Lyon… Ce «flop» ne doit pas, cependant, laisser croire que ceux qui ont voulu ces rassemblements seraient très minoritaires et très isolés dans la société française. Car même si les Français n’ont pas répondu à l’invitation de manifester publiquement qui leur était faite, beaucoup partagent les craintes et les «idées» qui sont celles que véhicule Riposte laïque. Le couscous et, surtout, la viande halal ne seraient-ils pas en voie de supplanter le «manger et boire français» traditionnel ? La présence forte des musulmans dans la société française, et surtout l’existence de courants militants intégristes, ne vont-elles pas aboutir à ce que deviennent impossibles la libre consommation de charcuterie porcine et celle des bons vins? N’est-il pas vrai que, déjà, dans certains lieux (comme les prisons et, parfois, les cantines scolaires), les plats comportant du porc ont disparu? Or c’est un fait: depuis des générations, les Français ont été représentés – et se regardent encore eux-mêmes ainsi pour nombre d’entre eux – par un personnage portant béret, et tenant à la main une baguette de pain. Et dans l’imaginaire national, cette baguette de pain va naturellement avec saucisson de porc et bouteille de vin rouge! Tout ce qui, pour des musulmans, est synonyme de «haram»… Une nation, évidemment, ne saurait se réduire à ce que mangent ses habitants! Et on peut s’étonner de voir des défenseurs d’une prétendue haute idée de leur République et de leur nation, sembler limiter celle-ci à du saucisson et à du vin! Car même si la France est, depuis des lustres, une terre de vignobles; même si, depuis les Gaulois, les paysans de l’Hexagone élèvent des porcs et les mangent, la France et la République française sont heureusement beaucoup plus que cela! En même temps, on ne saurait négliger l’importance que revêt la nourriture dans la vie d’une nation. Ce n’est pas faux de considérer que l’on est un peu ce que l’on mange. Toute nourriture élaborée au cours des siècles est porteuse d’une mémoire civilisationnelle. Elle engendre un certain art de vivre ensemble, un certain goût de se retrouver. La France appartient à la civilisation du pain, du vin, de la charcuterie porcine, tandis que les pays du Maghreb appartiennent à la civilisation de la semoule et du mouton. L’Europe elle-même se sépare entre «l’Europe du choux» (celle du Nord) et «l’Europe des olives» (celle du Sud). Voilà donc la France (et, sans doute, d’autres nations européennes devenues terres d’implantation de l’Islam) appelée à construire «la paix des nourritures»! Il faut certainement que chacun apprenne à y mette du sien, parmi les musulmans et les non-musulmans, pour que le souci de la paix supplante les goûts ou les règles des uns et des autres.

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