Autrement : La nouvelle faute du pape Benoît XVI

Autrement : La nouvelle faute du pape Benoît XVI

De qui le pape Benoit XVI est-il l’otage au Vatican et en Italie? Qui l’entraîne dans des initiatives qui ont pour effet de détériorer davantage encore les rapports entre les mondes musulmans et occidentaux? Quels «pyromanes» le portent à mettre à mal la fragile entente cordiale entre les croyants des deux grandes religions?
Après les propos tenus en septembre 2006 lors d’une conférence à l’Université de Ratisbonne, où   l’Islam était considéré comme étranger à la raison et naturellement porté à la violence, une volonté de réparer l’outrage ressenti par les musulmans semblait s’être faite jour. Il y avait eu, en novembre de la même année, la visite à Istanbul et le temps de recueillement observé par le pape dans la célèbre Mosquée Bleue. Par la suite, la lettre de cent trente huit personnalités musulmanes appartenant à tous les continents, proposant, en octobre dernier, un dialogue respectueux au souverain pontife, avait reçu un accueil favorable. Une date pour une rencontre assez large a d’ailleurs été fixée pour l’automne prochain. Mais voilà que, ce 23 mars, à l’occasion de la célébration de la nuit pascale, le pape n’a rien trouvé de mieux que baptiser personnellement, de manière triomphante, un journaliste italien d’origine égyptienne et musulmane, Magdi Allam ( devenu Cristiano…), co-directeur du grand quotidien milanais de droite «Corriere della Serra». Certes, il convient d’accepter que tout homme puisse changer de religion si c’est sa conscience qui le lui dicte, et le pape est dans son droit quand il baptise des convertis de quelque origine qu’ils sont. L’islam ne rejette pas davantage les conversions de personnes ayant appartenu au christianisme! Mais Magdi Allam n’est pas le premier converti venu: depuis des années, il utilise les colonnes du «Corriere della Serra» pour attaquer avec virulence l’Islam, et il est un grand artisan de la division entre chrétiens et musulmans. Le pape a-t-il mesuré l’affront qu’il a, ainsi, de nouveau imposé aux musulmans? Un affront comparable à ce que serait, pour les chrétiens, la mise en scène très médiatisée, dans les Lieux Saints de l’Arabie, de la conversion à l’Islam d’une personnalité d’origine chrétienne! Comme l’a remarqué le grand écrivain italien Claudio Magris dans les colonnes du «Corriere»: «Le baptême est un acte de vie intérieure, pas de spectacle médiatique ou de logique politique». Dès lors, comment les défenseurs de la liberté de conscience que nous sommes, pouvons-nous continuer à faire entendre le droit à la liberté des minorités religieuses en terre d’Islam?
Par de tels actes, le pape Benoît XVI nuit tout particulièrement aux chrétiens du monde arabe, tels ceux d’Algérie qui, depuis quelques mois, se voient limiter chaque jour un peu plus leur droit à exister publiquement. Car comment faire croire à nos opinions publiques que le catholicisme (celui de nos amis chrétiens de France comme du Maghreb) n’est pas agressivement prosélyte, alors que le chef de cette religion adoube l’un des plus virulents détracteurs de l’Islam?

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