Autrement : La puissance et la fragilité

Autrement : La puissance et la fragilité

D’autre part, le sang qui coule en Libye, avec la rébellion justifiée de toute une partie du peuple contre un dictateur mégalomane, la répression qui a suivi, et une intervention militaire internationale officiellement destinée à protéger les populations insurgées contre de possibles massacres. La tragédie que vit le Japon ne peut pas ne pas nous interroger profondément. Ce pays était parvenu au rang de «troisième puissance mondiale». Son organisation et la discipline de son peuple pouvaient nous émerveiller. Or, nous découvrons un pays terriblement malade de sa bureaucratie, au point que, plusieurs semaines après le séisme et le tsunami qui a suivi, des centaines de milliers de personnes se trouvent encore presque sans secours! Nous réalisons, aussi, que ce pays qui pouvait apparaître comme un modèle de développement, n’en est pas moins gangrené par de nombreuses situations de malhonnêteté. Ainsi, il est avéré que la société qui gère les centrales nucléaires a falsifié certains de ses rapports concernant la sécurité des sites! Cette même société a employé durant des jours et des jours de l’eau de mer pour tenter, en vain, de refroidir les réacteurs. Or, il vient d’être reconnu que l’eau salée favorisait l’érosion des matériaux et jouait contre le refroidissement. N’importe quel imbécile aurait dû être capable d’y penser! L’histoire n’a cessé de le démontrer, mais nous oublions aussi vite que nous apprenons: toutes les puissances sont fragiles! Les empires, les puissances économiques, militaires ou politiques, ont toutes leur «talon d’Achille». Aucune réalité humaine n’est invincible. Les Japonais qui sont habitués aux tremblements de terre et aux tsunamis (ce dernier mot est d’ailleurs japonais) croyaient avoir tout prévu. Or les éléments naturels ont dépassé en violence tout ce qui avait pu être imaginé. A présent, le pays se montre impuissant à maîtriser les dangers de la centrale nucléaire gravement endommagée. Et toute l’économie du pays est paralysée. Dans le même temps, dans d’autres régions du monde, en France en particulier, on claironne que «Il n’y a aucun risque chez nous avec nos centrales nucléaires: tous les scénarios les plus effrayants ayant été anticipés !» Le sentiment de puissance aveugle toujours, qu’il s’agisse des  sociétés ou des hommes.
Hosni Moubarak et Zine el-Abidine Ben Ali se croyaient, eux aussi, invincibles, presque immortels, oubliant l’âge que l’un et l’autre avaient atteint. Ils se sont retrouvés à terre en quelques heures. Dans sa mégalomanie, ayant toujours utilisé la force pour parvenir à ses fins, Mouammar Khadafi croit peut-être encore qu’il peut survivre à la spirale de violence qu’il a enclenchée. Dérisoire prétention! Plus les hommes se prétendent supérieurs, plus radicale et plus violente est leur chute! Khadafi finira dans les poubelles de l’histoire, comme tous les dictateurs qui l’ont précédé.

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