Autres voix pour une autre voie…

Autres voix pour une autre voie…

«Ce n’est pas dans les extrêmes que se trouve notre salut mais dans un nécessaire juste milieu». Cette phrase qui débute le texte «Halte à la surenchère» publié par le jeune blogueur Amine Lagssir m’a donné l’envie d’écrire cette Tribune sur ce que j’ai intitulé «la 3ème voie».
L’un des problèmes avec les réseaux sociaux (qui possèdent de nombreux avantages par ailleurs) est que l’on se situe dans «l’instantané» et dans la surenchère perpétuelle, pas le droit d’être sur une ligne «médiane», tu DOIS trancher !

Le Net est un média de l’immédiat et se nourrit de polémiques, or la ligne du «juste milieu» ne peut être payante que sur le long terme…d’où son peu d’adeptes sur les réseaux sociaux. Si la Toile permet l’expression trans-frontières et libère la parole elle peut aussi devenir un piège : on veut t’obliger à être «omniscient», à tout savoir sur tout, à avoir un avis tranché sur tout, à te positionner en «anti» ou en «pro», tu DOIS être politicien, journaliste, procureur, avocat, homme de religion…

Malheur à celui qui cherche la ligne médiane, il sera forcément détesté par les uns ET par les autres, et que dire de celui qui osera ne pas se prononcer ou dire qu’il a besoin de temps pour se faire son opinion… Une dictature du positionnement dans le temps «T» est en train de s’installer. Pas de place au doute, à la réflexion, à l’analyse, à la retenue ou la modération: «tranche ou crève»…

Rechercher et prôner la voie médiane, lors de conflits ou de situations qui clivent, qui divisent, ne signifie pas faire des «concessions déshonorantes» mais bel et bien rechercher et privilégier ce qui peut rassembler. Pour faire simple disons qu’entre les «anti ceci» et les «pro cela» ou bien les «anti cela» et les «pro ceci» un autre positionnement est possible celui qui consiste à privilégier une 3ème voie, la plus difficile à tenir, mais à coup sûr la plus raisonnable.

Etre «militant du clavier» dans ce combat est trop facile, c’est au cœur de la population qu’il faut agir, car notre pays et notre peuple ne peuvent changer qu’un pas après l’autre, par la pédagogie et la persuasion. Je ne citerais qu’un exemple, celui des «grossesses non désirées», un débat respectueux avec des personnalités charismatiques lors du Café Politis ou encore l’édition du «Street Cinéma» sur ce thème par les MPj vendredi, ont fait infiniment plus pour permettre à la «cause» et aux mentalités de progresser que cette provocation qui consistait à faire venir un bateau de l’étranger pour inciter les Marocaines à aller y pratiquer l’avortement ! Ce qui n’a fait que braquer les esprits et a desservi ce sujet.

Le juste milieu exige que l’on ne se laisse pas guider par la passion, que l’on ne réagisse pas «dans l’émotion», en fait c’est un véritable travail sur soi… nous sommes nombreux à vouloir privilégier cette voie mais nous sommes trop silencieux et laissons un boulevard aux extrêmes, prenons garde car notre tissu social risque de se déchirer durablement… hommes et femmes de bonne volonté, faisons entendre nos voix pour promouvoir cette voie !
«Lorsque les mots perdent leur sens, ce sont les gens qui perdent leur liberté», Confucius !

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *