Carnets parisiens

Les Fantômes de Casa. Les âmes damnées des terroristes et celles innocentes et vertueuses des victimes des attentats de Casablanca de 2003 étaient perchées, en ordre de témoins célestes, telles une grappe d’hirondelles disciplinées, sur la grand muraille qui jouxte la Seine et le Palais de justice de Paris. Elles assistaient au début du procès des huit membres du Groupe islamique combattant marocain ( GICM) de le cellule qui aurait apporté un soutien logistique et financier aux attentats de Casablanca qui avaient fait 45 morts et une centaine de blessés le 16 mai 2003.
Le temps judiciaire étant par définition décalé du temps réel, les premières séances de ce procès furent une plongée dans les arcanes d’une période où le gangstérisme armé faisait bon ménage avec l’islamisme radical et messianique. De ces évocations détaillées et minutieuses s’est dégagé le profil très distinct de Mustapha Baouchi, défendu par Me Eric Plouvier. A 32 ans , Mustapha Baouchi, avec un séjour et une formation sur les terres afghanes, s’est présenté devant le tribunal comme «un militaire qui combat par conviction religieuse». Le procès dure jusqu’au 20 juin et les suspects risquent 10 ans de prison pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Dans un effet de manche non dénué d’arrière-pensées, Me Plouvier demande la citation comme témoin du célèbre juge antiterroriste Jean Louis Bruguière.   
Vague Bleue. Mais Jean Louis Bruguière que l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin qualifie de «personnalité plus préoccupée d’elle-même que des autres» ne pense plus en ce moment aux tréteaux des tribunaux. Il mène une campagne pour obtenir la députation dans la 3ème circonscription du Lot-et-Garonne dans le premier tour des législatives qui doit se dérouler ce dimanche 10 juin. Personne de politiquement sensé ne s’attend à ce que le parti de Nicolas Sarkozy passe à côté d’une large majorité de l’Hémicycle et que ses détracteurs puissent l’obliger à une cohabitation. L’interrogation est moins sur le score à réaliser par l’UMP que celui, imprévisible, de son opposition. Le Front national de Jean-Marie Le Pen et le  nouveau Modem de François Bayrou vont-il pouvoir survivre électoralement ? Le Parti socialiste de François Hollande et de… Ségolène Royal va-t-il réussir à sauver les meubles? Et la gauche communiste décapitée dans les présidentielles va-t-elle réussir à sauver l’honneur ?
Guerre froide. Pour Nicolas Sarkozy qui se trouvait au G8, l’atmosphère de compétition des partis politiques français, même s’ils adoptent les positions les plus guerrières, est un jeu d’enfant à côté des bruits de bottes et des grincements de missiles que les présidents russe et américain, Poutine et Bush, laissent volontiers entendre. Quand l’un reproche aux Etats-Unis un réarmement excessif et injustifié et menace de rétorquer, l’autre enfonce le clou sur le déficit démocratique d’une Russie qui, au fond, n’a jamais quitté ni les chaines ni les postures agressives de l’ancienne Union Soviétique. Pour Nicolas Sarkozy dont c’est le premier G8 sous son nouvel habit de président et même avec son tropisme atlantiste, la tâche est dure de prendre position, lui qui, fidèle à son entreprise de communication et de séduction, voulait se réconcilier avec le premier et s’attacher les grâces du second.

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