Carnets parisiens

Shadow cabinet. Il fallait voir avec quelle gourmandise le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault, fraîchement mais douloureusement reconduit dans ses fonctions, détaillait son idée de créer un «shadow cabinet», un gouvernement de l’ombre composé de 22 membres, 15 hommes et 7 femmes. Il fallait voir aussi avec quelle excitation manifeste ses lieutenants en expliquaient la vocation et le fonctionnement.  Pour les socialistes candidats heureux à la députation, l’ouverture sarkozienne semble agir comme un euphorisant. Ils piaffent de passer à l’action.  Leur chef Jean Marc Ayrault est connu pour ses sympathies militantes précocement exprimées pour Ségolène Royal. Son idée déplut royalement aux caciques du Parti socialiste qui y décelèrent une manœuvre supplémentaire de Ségolène de marginaliser le Parti et de tenter de le vider de sa substance stratégique. Les dents ont grincé de voir avec quelle précipitation le groupe socialiste à l’Assemblée nationale semble prendre l’ascendant sur la Parti alors qu’il devait être son appendice législative et sa caisse de résonnance. Dans la tradition des ces «shadow cabinets», le président désigné a vocation à occuper la fonction de Premier ministre alternatif.

Blair au Quartette. Tandis que les socialiste français s’essayaient aux délices du «shadow cabinet» , une tradition très british aux relents maçonniques, Tony Blair quitte ses fonctions de Premiers ministre pour endosser les habits neufs d’envoyé spécial du Quartette au Proche-Orient. Personne, parmi ceux qui détiennent les clefs de la décision internationale, n’a exprimé la moindre réserve à l’encontre de cette nomination même si elle est d’essence américaine et qu’elle sent la récompense compensatrice. Tony Blair, débordant d’énergie, reprend du service auréolé d’une indiscutable connaissance des crises à multiples visages du Moyen-Orient. Il était la petite voix qui murmurait aux oreilles de Georges W.Bush la nécessité de trouver une solution à la question palestinienne comme prélude indispensable au remodelage souhaité de la région. Il a à son actif d’avoir réussi à démêler les fils de l’imbroglio irlandais, un conflit plus vieux que la question palestinienne.

Allawi contre Al Maliki. On soupçonne Tony Blair de vouloir s’investir à fond sur  le dossier du Proche-Orient pour faire oublier sa responsabilité personnelle dans l’impasse irakienne actuelle. L’Irak attend avec une grande nervosité politique la date butoir de Septembre prochain. Le général David Petraeus devra faire son rapport au Congrès pour une evaluation des effets de la récente augmentation des troupes américaines. Signe de cette nervosité, les accusations portées par Nouri Al Maliki contre Ayad Allawi, un ancien Premier ministre par intérim, de fomenter des complots contre lui. Le ministre des affaires étrangères de l’Irak, Hoshyar Zebari, avait détaillé ces accusations dans une interview parue dans la dernière livraison du Magazine «Newsweek». Les doutes d’Al Maliki proviennent d’une réunion informelle connue sous le nom de 6+2 qui continue de se tenir en présence des représentants des services de renseignement du Koweït , de l’Arabie Saoudite ,de la Turquie, des Emirats arabes unis, de l’Egypte et de la Jordanie, plus les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. La dernière réunion à laquelle aucun officiel irakien n’a été invité, a eu lieu en mai et avait pour objectif d’étudier les moyens de contenir l’influence iranienne en Irak en présence de… Ayad Allawi. Cela a été largement suffisant pour Al Maliki de dénoncer le complot à venir…

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *