Carnets parisiens

Saïf Al Islam. Ah la belle pagaille que vient de provoquer le fils Kadhafi sur les bords de la Seine. En dévoilant à la presse que  le «deal» de la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien contenait entre autres gâteries, un contrat d’armement en bonne et due forme entre Paris et Tripoli, et une possible libération d’un agent libyen Abdel Basset Ali al-Megrahi, emprisonné en Grande-Bretagne pour l’attentat de Lockerbie, Saïf Al Islam a mis la présidence française dans son premier grand pétrin. Nicolas Sarkozy a été mis en demeure de descendre de son piédestal de «Robin des Bois», libérateur, en compagnie de la reine Cécilia, des otages occidentaux détenus dans les lointaines et inhospitalières terres  arabes, pour démentir l’existence de tout contrat d’armement avec le Rais libyen. Saïf Al Islam, le Golden Boy de la Jamahiriya verte et égalitaire, un mélange d’émissaire permanent du père Mouamar, de représentant commercial du régime libyen et de ministre plénipotentiaire de ses affaires les plus étranges, vient de souffler, avec la rusticité et la malice naturelle des bédouins, sur le charme magique qui entoure encore l’exploit sarkozien. L’opposition socialiste, aphone et impuissante devant la Baraka qui semblait accompagner toutes les démarches de la nouvelle présidence, a repris sa voix et ses couleurs. L’occasion était trop belle et l’opportunité alléchante de se payer Nicolas Sarkozy sur son prétendu atout le plus apprécié : la transparence. Sur le stand de tir se trouvait bien en vue l’ex-collègue de François Hollande, l’actuelle ministre des Affaires  étrangères Bernard Kouchner, accusé, au mieux, de faire de la  figuration et de la mise en valeur d’un scénario écrit sans lui, au pire, de complicité dans une opération de communication de droite dont le montage et l’exécution rappellent étrangement un parfum de libération des otages français au Liban. Saïf Al Islam aura donné à la relation Sarkozy/ Kouchner ses premières douleurs musculaires.
 
Saoud Al Faiçal. Une autre pagaille dans les esprits est celle créée par le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud Al Faiçal qui, recevant Condoleeza Rice dans un aquarium  géant, au milieu des requins, dût se livrer à des exercices de contorsionniste pour se prononcer sur la participation de son pays à la Conférence internationale pour la paix au Proche-Orient prévue à Washington l’automne prochain. Ecoutant la même déclaration, le journal «Haaretz» avait compris que l’Arabie Saoudite était disposée à participer à cette fameuse rencontre et attendait qu’on lui adresse une invitation avec la date, le lieu et l’ordre du jour. Tandis que le «New York Times» avait compris que la participation saoudienne était conditionnée à l’examen des questions substantielles de cette crise israélo- palestinienne que sont la problématique des  refugiés, le statut de Jérusalem, les frontières et les colonies. Dans tous les cas la participation, même si elle conditionnelle, n’est pas exclue. Ce qui a poussé certains à avancer l’hypothèse d’un échange de cadeaux entre Washington et  Riyad : gigantesque contrat d’armement contre photo historique du Roi Abdallah avec Ehud Olmert. 

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