Coup de gueule : Violence et imposture subliminales

Coup de gueule : Violence et imposture subliminales

Il ne faut donc plus s’étonner si notre jeunesse duplique le même comportement violent dans les stades de foot, dans les bus ou encore dans les établissements scolaires.

Redonner de la crédibilité à l’action politique et aux partis, réconcilier les jeunes et le citoyen-électeur de manière générale, avec le vote, exercice qui illustre par excellence l’implication dans la vie politique, sensibiliser à l’importance des urnes…Tels sont, entre autres, les grands slogans qu’on entend, depuis au moins une dizaine d’années, dans la bouche de notre classe politique qui tente de faire revenir les électeurs dans les isoloirs de plus en plus vides de scrutin en scrutin. En attestent les dernières élections partielles où la participation dans certaines régions tournait autour de 6%!

Dans la foulée, et le plus souvent, les politiciens s’associent aussi à une frange de la société, tantôt des activistes de certaines ONG, tantôt des personnalités censées faire partie de l’élite (si ce mot a encore un sens) ou encore à des relais d’opinions pour mettre en avant les beaux discours et les grandes valeurs morales comme l’Etat de droit, l’intégrité, la tolérance, la diversité, le dialogue…

Seulement voilà, en cette fin de semaine, l’opinion publique, grâce aux réseaux sociaux, a pu constater de visu comment les militants d’un grand parti, en l’occurrence l’Istiqlal, procèdent en pratique pour défendre leur point de vue, c’est-à-dire par la force et la violence. Les images de la bataille rangée qui s’est produite la première soirée du congrès de l’Istiqlal donnent une piètre image de nos partis et de la manière avec laquelle les militants et les dirigeants règlent leurs différends. Mais le plus dangereux est qu’en se donnant en spectacle de la sorte, une partie de notre classe politique transmet, de manière subliminale, un message clair à cette jeunesse qu’on veut réconcilier, qu’on veut apaiser, qu’on veut «éduquer» : la meilleure manière de convaincre et d’exprimer votre point de vue, c’est de l’imposer par la violence et la brutalité physique ! C’est finalement là le message que retiendront nos jeunes.

Il ne faut donc plus s’étonner si notre jeunesse duplique le même comportement violent dans les stades de foot, dans les bus ou encore dans les établissements scolaires.

L’autre fait qui domine la scène publique depuis quelques semaines n’est autre que la série de manœuvres autour du procès d’Al-Hoceima. Car là aussi, il y a une grande imposture qui s’installe : indépendamment de la recevabilité ou non des revendications et des considérations d’ordre social ou «humanitaire», le fait est qu’aujourd’hui des personnes ont été interpellées pour des délits avérés et établis qui ne font l’ombre d’aucun doute. Ces personnes sont actuellement devant leurs juges et bénéficient, de leurs propres aveux, de toutes les conditions d’un procès équitable et juste. Mais en coulisses, et à l’approche de l’ouverture du procès, prévue demain mardi 3 octobre, des réseaux s’activent pour influencer les magistrats en déplaçant le débat du registre de la règle droit vers celui du militantisme et du social. Pour ces réseaux, le tribunal devrait déclarer l’innocence des prévenus même si dans les faits ils ont bien commis des délits preuves et aveux à l’appui.

Donc, en résumé et pour pousser la logique à son bout, quiconque commettrait un délit avéré peut échapper à l’application de la loi en invoquant ses conditions sociales, brandir la menace de la grève de la faim. L’Etat de droit et la suprématie de la loi peuvent attendre : c’est là l’autre message subliminal dangereux qu’une partie de notre classe politique et de notre élite est en train de disséminer dans la société…

Bravo.

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