De l’exclusion à la relégation…

De l’exclusion à la relégation…

Dans beaucoup de pays européens aujourd’hui – sans bruit, subrepticement –le nombre de personnes, de familles qui passent de l’exclusion à la relégation ne cesse de croître.
Si jusqu’à présent «être exclu» signifiait grosso-modo «ne pas avoir accès», «être en marge de» et si les populations exclues de tel ou tel circuit, de tel ou tel service, de tel ou tel droit pouvaient être identifiées, ciblées et si donc – même imparfaitement – elles pouvaient faire l’objet de prises en charge, de programmes spécifiques, de mesures particulières, il semble bien que nous soyons en train de franchir un cap, de passer à un autre degré.
Plus grave, plus profonde, plus «irrémédiable» que l’exclusion : la relégation !
Une population donnée lorsqu’elle est exclue, un jeune marginalisé, un quartier en difficulté ont cependant la possibilité de (se) manifester, de «ruer dans les brancards», de tenter  d’être entendus ; malgré l’exclusion ils demeurent visibles .
La relégation, par contre, fait que l’on disparaît de l’écran des radars, que l’on sort du monde des vivants, une sorte de voyage sans retour. C’est hélas ce qui est en train de se produire en Grèce, en Espagne, en Italie, pays autrefois riches et où les «réflexes» d’entraide ont petit à petit disparu.
Qu’en est-il dans notre pays ?
Paradoxalement le fait que nous ne bénéficions d’aucune richesse naturelle nous a poussés à préserver nos valeurs de solidarité : en effet nous savons tous qu’une grande partie de nos concitoyens vit dans des conditions précaires, que notre jeunesse est bien souvent marginalisée et que tant et tant nous reste à faire en matière de santé, d’éducation… Nous savons que des régions demeurent encore enclavées où l’accès à une vie digne est un combat, or si malgré cela la relégation dans ce qu’elle a de redoutable ne met pas notre société à mal c’est parce que notre système de valeurs, nos traditions constituent un véritable «filet de protection» qui nous en préserve. Ancrés en nous grâce à notre religion, à notre culture, ces sentiments de solidarité, d’entraide nous évitent ce basculement.
Certes, il nous faut être vigilants, car la dureté des temps , l’individualisme galopant menacent notre société, mais il n’empêche que nous avons là un certain nombre d’atouts, de savoir-faire, de valeurs que nous pouvons faire prévaloir par rapport à nombre de sociétés occidentales et que nous pouvons ici leur «proposer» un modèle.
Ainsi alors que les pays africains s’intéressent à notre INDH, nous pouvons également mettre à la disposition de pays européens  notre expertise et notre expérience en la matière, ainsi là où tous les «programmes pour les banlieues» en France ont échoué il serait intéressant d’y tenter notre fonctionnement solidaire…
Evoluer vers la modernité, accéder au progrès sont indispensables à une condition : préserver nos valeurs, garder nos spécificités et ne pas sacrifier ce qui –dans notre civilisation, dans nos traditions– nous préserve du nivellement par le bas de notre culture et de notre façon de vivre en société…
Les exemples qui frappent tant et tant de pays voisins doivent nous inciter fortement à ne pas lâcher la proie pour l’ombre.

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