De toutes les couleurs : une journée pour les femmes

De toutes les couleurs : une journée pour les femmes

Il y a une journée mondiale pour la paix mais pas pour la guerre, car il y a plus de guerres que de paix. Il y a une journée internationale pour l’environnement mais pas de journée pour la surexploitation des ressources de la Terre, car l’environnement est en danger. Et depuis quelques jours, il y a une journée nationale marocaine pour la langue arabe, car comme tout le monde peut le constater, cette langue est de plus en plus négligée au Maroc. Alors vous comprenez, si les femmes étaient en équilibre dans la société, et si elles vivaient en parfaite harmonie avec leur environnement social, il n’y aurait pas de journée internationale pour elles. Il n’y a qu’à voir le nombre très limité de femmes artistes parmi les artistes du pays ! Pourtant tout le monde sait qu’elles sont généralement beaucoup plus sensibles, plus délicates, plus créatives et plus « artistes » que les hommes. L’homme domine encore la situation. Et même quand des femmes arrivent à s’imposer, elles attendent souvent l’approbation d’autres hommes, relativement plus ouverts. Pour des raisons obscures, on préfère qu’elles restent à la maison, qu’elles ne fréquentent pas les ateliers, les galeries, les vernissages et les autres événements artistiques. La journée des femmes, le 8 mars de chaque année, a donc été conçue pour célébrer les accomplissements économiques, politiques, sociaux et bien sûr artistiques des femmes du monde. A l’origine c’était un événement politique socialiste, mais le jour de la femme a fini par faire partie de la culture de plusieurs pays. Dans beaucoup de cultures, le jour de la femme a perdu son côté politique pour devenir une simple occasion pour les hommes de penser aux femmes autour d’eux et de leur offrir des fleurs ou des petits cadeaux, un peu comme lors de la fête des mères ou de la Saint-valentin. Dans d’autres cas, les pouvoirs politiques et sociaux de cette journée, tels qu’ils sont désignés par les Nations unies, sont encore présents. Depuis très peu, les femmes marocaines ont plus de droits qu’avant, mais sur le terrain, ces droits sont encore loin d’être effectifs. Le poids de la tradition et des anciennes habitudes fait qu’elles n’arrivent toujours pas à s’épanouir. A compétences égales, les femmes sont toujours appelées à fournir de plus grands efforts que les hommes. La condition des femmes artistes es, malgré les apparences, encore précaire. Des amies artistes me font souvent part de leurs frustrations. L’une d’elles me disait récemment qu’elle voyait la tolérance et l’ouverture des hommes marocains, y compris les artistes, comme une coquille très fine qu’il suffit de gratter très légèrement pour découvrir un cœur qui baigne encore dans une ambiance d’il y a plusieurs siècles.

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