Dignité, respect, droits… au feminin !

Dignité, respect, droits… au feminin !

Si parfois les réseaux sociaux sont capables du pire, avouons qu’ils ont souvent un rôle de «sentinelles» irremplaçable ! Ainsi cette semaine lorsqu’ils ont mis les projecteurs sur le drame de la jeune Amina. Ce qui aurait pu rester «confidentiel» est devenu une véritable affaire publique qui a ému et fait réagir des centaines voire des milliers de jeunes.
Je vous invite à lire ici un jeune de 17 ans, Ali Lefriyekh, qui a publié sur facebook une magnifique «lettre à Amina».
«Amina, je suis ton frère !
Le Maroc a connu en 2011 des changements majeurs. La révision de la Constitution, la mise en place de structures nouvelles… Les prémices du changement sont là, néanmoins nous assistons dans la vie quotidienne à des actes qui démentent les espoirs de la jeunesse, ainsi le drame d’Amina Filali ! Violée à l’âge de 15 ans, la jeune Amina avait été mariée de force à son violeur. Sa famille avait d’abord porté plainte auprès de la justice Tangéroise avant de trouver un accord avec la famille du violeur, un mariage avait, par la suite, été arrangé par les deux familles et approuvé par un juge. Selon la loi marocaine, un violeur est exempté de peine s’il épouse sa victime… !!! Amina aujourd’hui est devenue le symbole de millions de jeunes Marocaines qui, par exemple,  font au moins 10 km chaque matin pour espérer apprendre à lire et à écrire. Le symbole de millions de Marocaines qui essayent de se frayer un chemin d’espoir, en quête d’un avenir meilleur, qui ne doit pas être une illusion.
Qui est coupable ? Une chose est certaine nous sommes tous responsables !
Les ministères de la justice, de la solidarité, de la femme de la famille et du développement social, de la Jeunesse…en premier lieu, sont concernés,et doivent d’urgence se concerter pour (ré)agir, mais nous ne pouvons- individuellement et collectivement- nous sentir exonérés de la souffrance des jeunes filles qui chaque jour se font harceler, agresser voire violer. Information, sensibilisation, formation, éducation, répression… sont indispensables mais la Loi qui dit qu’un violeur n’est plus violeur dès lors qu’il épouse sa victime est inepte…
Les lois sont là pour protéger et non proposer des «petits arrangements» inacceptables… peut-on considérer dès lors que la Loi est responsable du suicide d’Amina? Il y a certes, le rôle que peuvent jouer les institutions mais il y a également celui que chacun(e) d’entre nous, que chaque Citoyen(ne) Marocain(e) se doit d’assumer. Rien ne pourra se faire sans notre participation, rien ne pourra se faire sans nous ! C’est pour cela que je me suis engagé, c’est pour cela que je demande à chaque jeune de mon Pays de s’engager,  pour que nous puissions œuvrer concrètement pour le changement et le progrès. Nous sommes l’avenir de notre Pays et cet avenir ne doit plus laisser de place à de tels drames qui nous laissent orphelins d’Amina et privent injustement  notre Nation de l’une de ses jeunes.»
Ali Lefriyekh, 17 ans. Membre Fondateur du Mouvement Maroc +
Le Café Politis du 29 Mars sera consacré à ce thème majeur «Respect, Dignité, Droits…au féminin» pour en débattre sans voyeurisme mais avec conscience.

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