Driss Ajbali : leçons d’un acte manqué

Le projet d’attentat par Omar Farouk Abdelmuttaleb, le Nigérian de 23 ans, a échoué et manqué d’endeuiller le Noël américain et de gâcher les fêtes de fin d’année à Times Square. Il  n’en demeure pas moins chargé d’enseignements dont je valorise ici les points suivants.
1. Le terrorisme s’adapte. Un Arabe étant plus douteux qu’un autre, le choix d’un Noir, de bonne famille avec un visage d’adolescent pour s’attaquer à l’Amérique qui a élu un noir nobélisé n’est pas dénué de charge symbolique. C’est démoniaque. Pour les architectes de la décision, la portée symbolique, en cas de réussite de l’opération, aurait été plus importante que les dégâts humains et matériels. C’est dire qu’ils ont encore des ressources car il faut du temps pour cibler, identifier, recruter et former un candidat à l’attentat-suicide. Il reste qu’ils sont en passe d’épuiser tous leurs stratagèmes. Ils sont à bout de souffle.
2. Face à l’hermétisme des dispositifs de sécurité, l’ennemi reste à l’affût des petites failles. Il tentera jusqu’à l’épuisement de s’engouffrer dans les fissures du système. Le seul problème, c’est que l’étanchéité du système a un prix. Il s’agit d’un abandon, de plus en plus, grand de nos libertés individuelles. C’était déjà difficile dans les aéroports du monde. Cela va devenir infernal. On finira par nous mettre à poil. Merci, messieurs les terroristes !
3. Si la nébuleuse terroriste demeure très active dans le trouble de certains pays musulmans caractérisés par l’absence de l’Etat et marqués par une pauvreté et un analphabétisme endémiques comme le Yémen, la Somalie, l’Afghanistan, l’Irak, les régions tribales du Pakistan ou encore les confins de l’Algérie, du Niger et du Mali, cette même nébuleuse parvient plus difficilement à réussir ses exploits sur le «terrain impie» et sur les «dar al harb», à savoir la majeure partie des pays occidentaux et certains pays comme le Maroc. Il est clair et évident qu’il devient de plus en plus dur pour la barbarie de s’attaquer à ces territoires sanctuarisés. C’est dire combien la lutte contre le terrorisme nécessite des Etats forts à la condition qu’ils restent démocratiques.
4. 30 ans après l’avènement de la révolution iranienne, l’une des potentielles matrices du terrorisme islamiste, on assiste aussi à un essoufflement de ce système politique. Les manifestations à répétition en Iran et la répression sauvage qui les accompagne sont le stade suprême du malheur de ce peuple délicat et cultivé. C’est peut-être le début de la fin. Alors, et il faut l’espérer, le 21ème siècle ne sera pas, comme on l’a dit, religieux ou ne sera pas. Il sera droit de l’Homme ou ne sera pas.

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