Driss Ajbali : voeu de Noël

J’ai quitté hier le Maroc pluvieux. Je suis ce matin dans cette Alsace qui a appris à domestiquer la neige et à amadouer le froid. Le ciel est bas. La ville est déserte. Il y a  comme une sorte de couvre-feu diurne ordonné par la météo. Les gens hésitent à sortir et les maisons bien chauffées les retiennent. Ce soir, c’est Noël. Et ici Noël a une odeur de cannelle et de vin chaud. Les enfants quelles que soient leurs origines seront ce soir, au pied du sapin, rois et reines. Le ciel leur fut ouvert pour leur vœux. Ils seront partiellement ou pleinement exaucés. C’est selon. Moi, j’ai envie de profiter de cette ouverture du ciel pour faire  un vœu d’adulte.
L’année prochaine, c’est le 35ème anniversaire de la Marche Verte. Dans le Maroc d’aujourd’hui, trente pour cent de la population ont moins de 15 ans et largement plus de la moitié de la population est née après 1975. Depuis leur tendre enfance, ils ont toujours su que notre pays a un problème dans nos provinces du Sud et mesurent le caractère coriace de notre  adversaire algérien à l’est. Coriace non pas tant à cause de son charisme ou de la justesse de ses ergotages qu’à cause de ses trésors de guerre et de ses moyens gaziers et financiers.
Pour toute cette jeunesse marocaine, nos ennemis ne sont pas les polichinelles nés à Marrakech ou à Tata. Ils savent pertinemment que notre principal  rival est l’Etat et non pas le peuple algérien. Pour eux la question de nos provinces de Sud est une cause nationale.  Est-elle pour autant populaire ? Ce n’est pas certain. Il faut faire le vœu qu’elle devienne populaire dans le sens où c’est le peuple lui-même qui doit être en première ligne. Et pour qu’elle le devienne, il faut que le peuple se l’approprie. Le dossier est complexe. Sa technicité à coups de résolutions le rend abscons.  Sa gestion fut depuis le début confidentielle, gérée dans un périmètre étroit. Or comment être un bon avocat d’un dossier sans en connaître les ressorts, les arcanes, les soubassements et les arguties. Profitons du prochain anniversaire pour initier des actions qui donneront la possibilité au peuple marocain de s’approprier pleinement ce dossier pour qu’il en devienne le véritable avocat. Le peuple, avec ses petites gens et ses élites, avec ses élus et ses bénévoles, ses partis et ses associations. Il est temps que celui-ci s’empare pleinement de ce dossier et que lui soit réinsufflé l’esprit de la Marche Verte, à l’image de ces 350.000 marcheuses et marcheurs, brandissant le Coran face aux canons espagnols. Faisons de ce futur trente cinquième anniversaire un temps fort de la cause nationale et de 2010 l’année du Sahara marocain.

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