Élite ! Où es-tu ?

Élite ! Où  es-tu ?

D’abord, je voudrais bien savoir avec précision ce qu’on appelle une élite. Bien sûr, je connais la définition ou même les définitions parce qu’il n’y en a pas qu’une seule.

Je vous en ai choisi une au hasard : «L’élite est l’ensemble des individus considérés comme les meilleurs, les plus dignes d’être choisis, les plus remarquables par leur qualité. Exemple : une troupe d’élite, un tireur d’élite, l’élite intellectuelle…».

Justement, si on analysait cette définition, pensez-vous vraiment que nous avons une élite au Maroc, je veux parler plus précisément de cette fameuse «élite intellectuelle». En tout cas, si cette espèce existe chez nous, elle doit être soit muette, soit carrément… morte, intellectuellement parlant. Au fait, c’est quoi aussi «un intellectuel» ? Voici ce qu’en disent nos amis de Wikipédia : «Un intellectuel est une personne dont l’activité repose sur l’exercice de l’esprit, qui s’engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs…».

La définition est encore plus longue, mais j’ai préféré la couper pour ne pas trop vous énerver. Alors, est-ce que vous pouvez me donner juste un nom ou deux d’intellectuels marocains qui répondent plus ou moins, aujourd’hui, pas demain, à cette définition ? Ne cherchez pas, vous n’allez pas en trouver parce qu’il n’y en a pas.

Non, je ne suis pas un nihiliste, je suis un réaliste. Notre élite intellectuelle, qui existe effectivement, est cachée quelque part en train de se reposer dans un coin trop confortable pour lui donner envie de s’exprimer et encore moins «s’engager dans la défense des valeurs»… Et même ceux qui n’ont pas encore atteint ce «confort», justement, parce qu’ils y aspirent, ils préfèrent se taire et se terrer encore plus, avec l’espoir qu’on les appelle un jour pour les déterrer. A ceux-là, tout ce que je peux dire, c’est qu’ils peuvent attendre car des comme eux, il y en a à la pelle et à l’appel, et ceux qui sont censés les appeler n’ont que l’embarras du choix.

J’avais commis un jour, il y a très longtemps, un papier que j’avais, je crois, intitulé : «Élites au pays des merveilles». Je ne me rappelle plus tout ce que j’y avais écrit, mais je me souviens parfaitement avoir mis en garde ses prétendus représentants autoproclamés de l’époque que s’ils ne faisaient pas gaffe et s’ils ne prenaient pas leurs responsabilités «historiques», ils allaient bientôt disparaître et ne plus être que des petites gens encore plus misérables, intellectuellement parlant toujours, que le reste du peuple.

En d’autres termes, eux, les «Marocains d’en haut» risquaient un jour de tomber bien bas et même de s’enfoncer dans des fossés que leurs fossoyeurs leur ont minutieusement préparés pour les faire disparaître. Tout ça, bien entendu, ce ne sont que des images, mais des images tellement vraies qu’on s’y croirait. Où êtes-vous, vous, les auto-sacrés «élites» et autres intellos tombés à l’eau ? Pourquoi on ne vous voit plus, pourquoi on ne vous entend plus même quand on vous interpelle à cor et à cris ? Tenez !

Qu’est-ce que vous pensez de ce fameux projet de «nouveau code pénal» qu’on dit encore à l’état de brouillon ? Pourquoi vous n’en dites rien ? Pourtant, les articles les plus polémiques vous concernent de très près. Lesquels ? Justement ces très tristes projets d’articles comme, par exemple, ceux qui surpénalisent les dé-jeûneurs fussent-ils encore tout jeunes ou les ébats entre amoureux non officiellement pactisés, pour ne citer que ceux-là. Pourtant, écrivais-je, s’il y a parmi nous des «mécréants» ou des «libertins» de ce genre, c’est bien chez vous qu’on les trouve.

En tout cas, si vous voulez garder le silence, tant pis pour vous. Je puis vous assurer que si vous n’êtes pas capables de défendre vos positions, il ne faudrait pas que vous comptiez sur le peuple pour qu’il le fasse pour vous. De plus, le peuple a d’autres élites à fouetter. Si vous voyez ce que je veux dire…

En attendant, je souhaite à tous ceux et celles qui ne s’expriment pas forcément, mais qui n’en pensent pas moins, un très bon week-end. Quant aux autres…
Un dernier mot sous forme de devinette pour rigoler un peu : Qui réfléchira à deux fois la prochaine fois avant de convoler en justes (secondes) noces ?

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