Elu(e)s…

Elu(e)s…

Les urnes ont parlé. Les élections communales et régionales qui vont façonner de façon autre notre pays, puisqu’elles introduisent un mode de gouvernance différent ont désormais leurs élu(e)s. L’un des enjeux majeurs du scrutin était le taux de participation : celui-ci avec plus de 53% est tout à fait honorable et en progression par rapport aux élections communales de 2009.

La société civile peut s’attribuer cette progression, elle qui s’est beaucoup mobilisée pour que les citoyen(ne)s s’inscrivent sur les listes électorales et participent au vote. Durant toute la campagne les réseaux sociaux et les médias ont résonné de mots tous plus durs les uns que les autres pour décrire nos politiques, les candidats et les élus actuels et à venir : corrompus, incompétents, affairistes, voleurs, menteurs, profiteurs, manipulateurs…j’en passe et des pires…Alors bien sûr le constat décrit par ces mots ne vient pas de nulle part, il vient –hélas- d’une triste et désolante réalité… Pourtant, si l’on prenait la peine de nuancer nos propos, d’abord parce que dire « tous pourris » est faux, mais aussi parce que cela est injuste et dangereux. Faux, car tous nos élus ne sont pas ces corrompus et ces incompétents que l’on dénonce – à juste titre d’ailleurs – et il est important de dire qu’à contrario ils sont innombrables (et sans doute majoritaires) ces élus qui se consacrent avec dévouement et abnégation à la gestion de la cité et à l’intérêt commun, qui donnent sans compter de leur temps, de leur énergie, de leur vie personnelle… Injuste car en ne donnant que cette vision de nos politiques nous décourageons tous ceux qui seraient tentés, de façon sincère, désintéressée et saine, de s’engager en politique…découragés et apeurés qu’ils sont par le risque d’être assimilés à des malfrats.

Dangereux enfin, car en répétant sans discernement «tous pourris» nous contribuons à conforter dans leur opinion tous nos compatriotes –et notamment les jeunes- qui se disent qu’il ne sert à rien de voter et qu’aucun politique, aucun candidat n’est digne de confiance ni ne mérite leur voix. Ce qui contribue au cercle vicieux du désintérêt et du désengagement, d’autant plus dangereux qu’ainsi nous offrons un boulevard à ceux qui- parce que réellement «pourris»- et donc sans scrupules, profitent du terrain ainsi déserté pour se faire élire sans difficulté…

A généraliser et crier «au loup» sans distinction, nous nous retrouvons effectivement à faire le jeu des loups, qui eux ne se dévorent pas entre eux et font de nous leurs proies sans hésitation. Alors oui disons-le, il existe des politiques, des élu(e)s, des candidat(e)s dignes de confiance…sachons les chercher, les reconnaître et les porter à la gouvernance…Depuis vendredi de nouvelles équipes élues se mettent en place pour gérer nos villes et nos régions, il faut leur souhaiter d’être à la hauteur de l’enjeu et leur souhaiter bonne chance, leur réussite sera la nôtre tout comme leur échec –qu’à Dieu ne plaise- serait aussi le nôtre.

La moralisation de la politique sera un acquis pour tous les citoyen(ne)s, souhaitons qu’ainsi les Marocain(e)s (re)trouvent le chemin des urnes, massivement.

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