En rire ou en pleurer ?

En rire ou en pleurer ?

Les Ouissams remis à des artistes qui,  faut- il le rappeler, sont des enfants du peuple marocain, s’étant illustrés par un don, un talent, une volonté à toute épreuve, ont suscité un épisode tragi- comique bien spécifique à nous.

En effet, s’il est de bon ton de se moquer de ceux qui s’ efforcent de voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide, ceux qui choisissent de mettre en avant ce qui bouge, ce qui change et font le constat que le pays avance en les traitant de courtisans, makhzéniens, lèche-bottes et autres noms d’oiseau, sans jamais leur faire crédit de leur sincérité et de leur intégrité, peut-être serait-il temps de caricaturer ceux qui n’ont plus que ce réflexe à la bouche, à la main et au clavier : la critique! Non pas ceux qui s’efforcent d’avoir la critique positive – qui d’ailleurs n’est crédible que si elle s’accompagne de propositions – non, je parle de ceux qui du jour au lendemain s’inventent politologues, experts en protocole, grands justiciers devant l’Eternel ou scrutateurs et dénonciateurs infaillibles de toute décision royale…quitte d’ailleurs à se contredire sans vergogne d’un commentaire à l’autre, d’un réseau social à l’autre, voire au milieu d’une même phrase !

Le dernier exemple en date donc en est celui des critiques délirantes qui ont déferlé après les Ouissams décernés à des artistes, ces jeunes qui se sont illustrés, qui se sont élevés seuls, qui ont fait briller le nom du Maroc et qui ne doivent leur réussite qu’à leur volonté, leur talent, leur endurance tels Nour Eddine Lakhmari, Momo, Dounia Batma, Fnaïre, etc, ces «critiques» pouvant provenir de ceux-là même qui s’insurgent de ce que la réussite ne sourit, dans notre pays, qu’aux enfants «bien-nés» !

Bien sûr critiquer –à bon escient – est utile et il ne s’agit pas de prêcher la complaisance, mais tout ce qui est excessif est insignifiant !  Ces jeux d’adolescents sont sclérosants, car souvent c’est de cela qu’il s’agit : une sorte de surenchère un peu folle, une espèce de course à «celui qui dénoncera le plus» , qui ressemble à un concours de préau d’école… ce qui est pardonnable à l’adolescence l’est beaucoup moins à l’âge adulte lorsque l’on se veut

contempteurs de décisions qui engagent tout un pays, ou de l’intérêt national.
Tout esprit critique, tout débat constructif, toute discussion sérieuse se retrouvent ainsi vidés de leur pertinence et les plus «aguerris» refusent désormais d’entrer dans un dialogue sur les réseaux sociaux sachant que leurs propos -dans un sens ou dans un autre- seront noyés dans un flot sans fond de propos excessifs et populistes… C’est malheureusement un trait marquant de notre époque dans lequel d’aucuns s’efforcent d’entraîner notre jeunesse qui risque de s’y perdre corps et âme.

Est-ce une étape à passer, un cap inévitable, est-ce un piège dans lequel nous nous sommes enfermés et dont il sera impossible de se sortir ? La réponse nous appartient collectivement…  
Si la louange excessive et la complaisance sont nuisibles que dire donc de la critique compulsive ?! Voir aujourd’hui nombre des nôtres devenir «nihilos compulsifs» est suffisamment grave, pour nous alerter…

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