Entre vraies valeurs et faux taboux

Entre vraies valeurs et faux taboux

Notre pays change mais bien sûr nous manquons sûrement de recul pour le percevoir pleinement et le mesurer ! Notre pays n’est plus ce qu’il était dans les années 2000 et encore moins ce qu’il était dans les années 80 ou 90. Il change et nous avec, certains le déplorent d’autres trouvent la transformation trop lente, voire pas assez profonde, chacun de nous le vivant selon son propre prisme…

Notre société bouge sous l’action puissante de multiples vecteurs, bien sûr tout ne dépend pas de nous, mais beaucoup dans ce changement sera ce que nous en ferons. Selon que nous serons spectateurs ou acteurs nous pourrons influer sur notre évolution pour aller vers plus de progrès, plus de développement, une meilleure façon de vivre ensemble… ou au contraire vers un repli frileux, une perte de valeurs et de repères et une sorte de fuite en avant. Il est en notre pouvoir de nous débarrasser d’oripeaux qui entravent notre développement, personnel et collectif –ce que l’on peut appeler les «faux tabous- qui nous lestent lourdement, tout comme il est de notre responsabilité de réhabiliter –et/ou d’acquérir des valeurs héritées de notre culture, de notre religion ou bien venues d’ailleurs.

Pour cela il faut arrêter de croire que tout ce qui est étranger à nous est mauvais et cesser de penser que la transmission de valeurs qui permettent de respecter l’Autre et de se respecter soi-même serait «ringard» ou incompatible avec les libertés individuelles. Ainsi cette «histoire du bisou» de Nador, aurait-elle dû ne jamais devenir une «affaire» ou au plus une affaire familiale…comme on peut penser qu’y répondre par un «kiss-in» géant n’était pas le meilleur service à rendre à la cause et que dire de la violence qui a répondu à ce sit-in !!! Commençons donc par considérer que l’éducation sexuelle n’est pas un tabou mais une nécessité et qu’en même temps enseigner la pudeur, le respect de la sensibilité de notre population n’est en rien restrictif des libertés.

Quand cessera-t-on de s’abriter derrière la si pratique «hachouma» pour enfin affronter les réalités et y faire face par l’éducation, le réalisme et la responsabilité. Répondre en se cachant derrière de faux semblants, aux besoins légitimes des nouvelles générations, aux désirs d’ouverture est sclérosant, tout comme faire du «copié-collé» de ce qui se passe ailleurs n’est pas la solution. Il nous faut trouver notre voie qui consiste d’abord par faire la distinction entre faux tabous et vraies valeurs, trop souvent nous déclarons valeur ce qui relève de la superstition, de la coutume obsolète ou de l’hypocrisie, et nous affublons du voile de tabou ce qui – au contraire – est qualité profonde.

Donner l’envie du travail bien fait, le goût de l’effort plutôt que glorifier l’argent facile fait partie de la transmission des valeurs… ne pas sensibiliser au danger du sida, ne pas éduquer au sein même de sa famille et dès le plus jeune âge nos enfants à l’égalité des sexes, ne sont en rien des tabous légitimes, mais bel et bien des entraves à notre évolution.
C’est en fait un «étroit chemin» mais en même temps un indispensable travail sur nous-mêmes qu’il nous faut accomplir.

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