Gai gai l’électeur, c’est demain les vacances…

Gai gai l’électeur, c’est demain les vacances…

Je vous assure que j‘ai longtemps réfléchi avant de l’aborder justement de peur qu’elle ne soit perçue comme provocatrice, voire destructrice. En fait, c’est en voyant la date fatidique des prochaines élections au Maroc arriver à pas de géant en courant que je me suis surpris en train de méditer sur qui prépare ces échéances et pour qui ?

Ces questions somme toute normales et anodines en temps normal le sont beaucoup moins lorsqu’on se rend compte que les élections en question auront lieu en pleine période de vacances ou, si l’on veut être moins pointilleux, on pourrait dire qu’elles vont se tenir juste au lendemain des congés. Votre serviteur, avant d’entamer cette réflexion ma foi très solitaire, a essayé de suivre de près, autant que faire se peut, les préparatifs des uns et des autres, les stratégies – si on peut les appeler ainsi – adoptées par les uns et par les autres, ainsi que les candidats et les candidates présenté(e)s ou pressenti(e)s par les uns et par les autres. D’ailleurs à l’heure où je commets ces lignes, la date limite de dépôt des candidatures n’étant pas encore atteinte, on ne sait pas encore tous ceux et toutes celles qui vont se présenter ni encore moins au nom de quel parti ils vont et elles vont le faire.

Les marchandages et les tractations vont bon train et je crains qu’à l’arrivée ce soit plus les électeurs et les électrices qui vont rester à quai. Justement, c’est pour ces électeurs et ces électrices que je m’inquiète le plus. D’abord combien seront-ils et seront-elles au rendez- vous ? Quand on connaît les taux de participation si peu réjouissants des précédentes consultations, je crains que les prochaines ne soient encore pires, non pas seulement parce que les gens auraient perdu progressivement et fatalement confiance envers leur classe politique – ce qui d’ailleurs n’est pas tout à fait faux – mais surtout, je crois, parce que, actuellement et en ce moment, ils sont tous plus ou moins ailleurs, en tout cas, ceux qui ont les moyens de partir.

Quant aux autres, ils arrivent toujours à se débrouiller en se donnant l’illusion de se dorer la pilule, ne serait-ce qu’en rêvant  de le faire. Bref, je pense que quand on est en vacances, qu’elles soient réelles ou juste virtuelles, on ne pense pas forcément à se mobiliser pour soutenir et élire tel ou telle ou juste l’écouter raconter ses promesses mielleuses qu’elles soient sincères ou juste ensorceleuses. Je crois qu’on appelle ça, en langage savant, «une prédisposition». C’est pour vous dire que tout cela est scientifique et mathématique.

Je vous explique : Quand X et Y sont à la plage de Bouznika, X1 et Y1 sont à la piscine de Tahiti, X2 et Y2 sont dans leur hors-bord à Cabo, X3 et Y3 sont à Puerto, et enfin tous les autres damnés sont dans quelque plage bondée à Aïn Diab ou à Mehdia ou bien en train de bronzer sur la terrasse de leur maison construite clandestinement à Sidi Moumen ou au Douar Bensouda, je ne vois vraiment pas comment tout ce monde, et avec la meilleure volonté du monde, va-t-il s’intéresser aux programmes des uns et des autres, fussent-ils les plus clairs et les plus sincères. Et puis, déjà que les discours de nos hommes et femmes politiques sont souvent indigestes en périodes d’automne et  d’hiver, comment allons-nous pouvoir les digérer à  40° à l’ombre, surtout, comme disait Guy Bedos, quand il n’y a même pas d’ombre.

Voyez-vous, j’essaye avec beaucoup de mal de vous convaincre, même si tout cela ne va pas changer grand-chose, que le choix d’organiser ces élections en plein mois d’août, et quelles que soient les raisons probablement justifiées politiquement et juridiquement de ce choix, je ne crois pas que ce soit le bon. Maintenant, je sais que ce qui est dit est dit et ce qui sera fait sera fait. Mais j’ai bien peur que moi qui passe ma vie à raconter des bêtises et à prédire des choses imprévisibles qui n’arrivent jamais , j’ai pour une fois totalement raison. Si, à Dieu ne plaise, cela devait arriver, je vous jure que je ne vais pas le crier sur les toits ne serait-ce que parce que beaucoup seraient bien contents de le faire à ma place.

Maintenant, après vous avoir dit tout cela, je n’ai plus qu’à souhaiter à tous les participants et à toutes les participantes – dans le désordre – de très bonnes vacances, de très bonnes élections et un très bon week-end. Quant aux autres…

Un dernier mot sous forme de devinette pour rigoler un peu : Quand deux patrons d’équipes de foot s’engueulent comme des patrons de partis, qui a copié sur qui ?

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