Hors-jeu : Accro du dopage

Le coureur cycliste italien Marco Pantani a été interné dans une clinique spécialisée pour traitement de troubles mentaux. Le vainqueur du Tour de France 1998 avait été renvoyé devant la justice. Il avait été exclu d’une course en raison d’un contrôle sanguin révélant un hématocrite supérieur aux normes. A 38 ans, Florence Griffith-Joyner, double championne olympique de Séoul (100m et 200m) rendit brutalement l’âme le 21 septembre 1998 suite à une attaque cérébrale. C’est pratiquement depuis cette date que le dopage devint un fléau généralisé. Dans le milieu du cyclisme comme dans le football, la suspicion touche l’ensemble du sport de haut niveau.
Les experts ont conclu que les échecs et  la  solitude du sportif sont autant de raisons psychologiques qui peuvent conduire au dopage pour maintenir le niveau de performances, processus qui mène tout droit à la toxicomanie, qui relaye une pratique sportive qui fonctionnait déjà presque comme une première drogue. Les performances hors normes font désormais naître des doutes. L’amateur rêvant de médailles d’or symboliques avait cédé le pas au professionnel bardé de sponsors et soucieux de transformer le muscle en dollars.
Les dirigeants sportifs et politiques du monde entier se sont réunis au début du mois de mars dernier à Copenhague afin de se doter de l’arme censée leur permettre de combattre le mal. Le sport, devenu phénomène socio-économique majeur, ne survivrait pas au cancer du dopage. Déjà, le Comité international olympique (CIO) avait convoqué dès 1999 une première conférence internationale pour décider la création de l’Agence mondiale antidopage (AMA). Une ONU du sport, chargée d’établir et de faire appliquer un règlement planétaire pour traquer et sanctionner le dopage selon les mêmes critères et avec la même sévérité dans tous les sports et tous les pays.
Le Maroc ne fait pas l’exception. Depuis près de vingt ans, notre pays figure parmi les pépinières de grands champions, notamment dans l’athlétisme. Si l’affaire Boulami a fait beaucoup de remous et bascule toujours entre le vrai et le faux, il n’en est pas de même en ce qui concerne l’athlète Marocaine Asmae Leghzaoui.
Selon la même volonté internationale de combattre le fléau du dopage, la Fédération Royale Marocaine d’Athlétisme (FRMA) a sanctionné Leghzaoui par deux ans de suspension pour dopage. La sentence a eu lieu suite aux 31èmes championnats du monde de Cross Country à Lausanne (29 et 30 mars) où l’athlète marocaine a été testée positive à l’érythropoïétine (EPO). Certains de nos champions chuchotent que le nombre d’usagers de matières prohibées sont nombreux. Mais pour éviter l’amalgame, il faudrait instaurer une bonne procédure informative.
Plusieurs produits pharmaceutiques contiennent des produits interdits pour cause de dopage. Il est fort probable que certains athlètes de par leur niveau d’instruction limité ne perçoivent pas l’erreur et consomment à leur propre insu un «médicament dopeur». Ce qui risque de les faire inculper. La FRMA devrait mettre sur pied tout un dispositif consacré uniquement à l’information des athlètes. Il en va des grands acquis de nos champions et de plusieurs années d’effort et d’espoir.

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