Hors-jeu : Azmi, un cacique parmi tant d’autres

Apparemment le syndrome d’inamovibilité n’est pas spécifique aux partis politiques et aux syndicats. Les dirigeants dont le fauteuil est enduit d’une puissante colle, sont nombreux. Il suffit de citer les noms d’Aherdane, de Ben Seddik, de Amaoui, d’Abdellah Ben Brahim et bien d’autres. C’est peut-être devenu un exemple à suivre, si ce n’est une contagion, pour certains dirigeants de clubs et d’instances fédérales. Quoi de plus dur que de voir s’effriter des clubs historiques comme la Renaissance Sportive de Settat (RSS) à cause de l’obstination de ses dirigeants ? Juste avant le match qui a opposé la RSS au Mouloudia d’Oujda à Settat, le bureau dirigeant et l’entraîneur ont déclaré qu’ils allaient démissionner à la fin de la rencontre. Une fois le match fini, les joueurs ont annoncé de leur côté qu’ils ne joueraient plus et ne se présenteraient plus aux séances d’entraînement. Jusqu’à nouvel ordre ces décisions n’ont pas encore dépassé le stade verbal. Cependant, il faut reconnaître que le personnel de la RSS souffre depuis longtemps d’un manque effroyable de ressources financières, alors qu’il y a quelques années encore, on prévoyait un décollage particulier pour l’équipe de la Chaouia. Que dirait du public s’il savait que le club est redevable de quarante primes aux joueurs ? Et sans parler de trois mois de salaires impayés. Pire encore, les ballons sont devenus une denrée rare, et les gilets d’entraînement datent de l’ère M’hamed Fakhir…Certains joueurs ne trouvent même plus de quoi se nourrir. La recette du match contre le MCO fait honte à dire : quelque 340 dirhams !! Mais le revers de la médaille, c’est que le public dévoué de la RSS n’ignore pas que le départ de l’actuel staff dirigeant constitue la délivrance du club. Les potentialités de la région se déclarent prêtes à venir en aide à la RSS en cas de changement de président. Ce dernier se dit également prêt à faire tout ce qui est dans l’intérêt de la RSS. Mais rien de concret n’a encore été fait. Il fut un temps où le dévouement des présidents des clubs nationaux de football et de la Fédération favorisait l’émergence d’une extraordinaire richesse humaine. Le poste de président ou de membre du bureau signifiait avant tout un engagement personnel, un dévouement sans condition et un maximum de sacrifices. Durant ces années bénies, des tournois étaient organisés pour les équipes de quartiers qui constituaient la mine inépuisable de talents. C’étaient les présidents de certains clubs qui finançaient avec leur propre argent ces manifestations. Ce qui permettait du spectacle pour le public démuni, de l’épanouissement pour les talents qui ne faisaient partie d’aucun club et enfin la prospérité de la discipline en soi était garantie. Feu Larbi Zaouli incarnait la plus grande illustration dans ce sens. C’était avant l’ère du foot-business. Aujourd’hui, être président d’un club équivaut à une présidence d’un conseil d’administration d’une entreprise juteuse au profit d’une minorité et au détriment de tout le reste, y compris le public, la réputation historique et le passé glorieux du club. Ils ne servent plus, ils se servent désormais.

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