Hors-jeu : Beckhamania

David Beckham a reçu l’Ordre de l’empire britannique (OBE) des mains de la Reine Elizabeth II. Cette distinction prestigieuse a été décernée au joueur du Real Madrid, en guise de reconnaissance de son rôle dans la promotion de la Grande-Bretagne. C’est dire combien le football est en passe de remplacer les actes héroïques ou les grandes découvertes scientifiques. De tous les temps, il y a eu des grands prodiges de football, mais aucun d’entre eux, de Pelé à Maradona en passant par Cruyff et Beckenbauer, n’avait ce charisme du blondinet britannique. Même en Asie, on s’arrache les maillots portant son nom, ses photos et tout ce qui a trait à sa personne. Pourtant, ce n’est qu’un bon joueur comme il y en a un peu partout dans le monde. D’ailleurs, le président du Real Madrid a bien su comment mettre à profit l’étroite imbrication entre le monde du sport et celui de la finance. Car l’apport de la recrue britannique est, somme toute, maigre à une formation qui regorge de stars, toutes nationalités confondues. Ah, si c’était un joueur marocain qui se trouvait dans la peau de Beckham !! Le football national serait d’une autre dimension. Quelques millions d’euros injectés dans notre caisse, aussi sèche que les domaines des Touaregs aux fins fonds du Sahara, auraient métamorphosé notre football. En l’espace de 24 heures, nous aurions un championnat professionnel comparable à celui de la France ou du Portugal. Il suffit d’un coup de pouce semblable pour que des joueurs de GNF I trouvent des vestiaires au lieu de se changer en plein air et se doucher à l’eau froide en plein hiver. Une simple signature ferait de vraies pelouses des champs d’orge actuels dans nos stades. Les déplacements des équipes ne se feraient plus dans des bus du 19ème siècle et le public remplirait les gradins déserts. Mais revenons à la réalité. Les médias parlent aujourd’hui de «Beckhamania» pour caractériser le phénomène d’idolâtrie qui entoure le joueur, également époux de Victoria Adams ex-chanteuse du groupe Spice Girls. Ainsi, lorsque «My Side», l’autobiographie de Beckham a été publiée le 12 septembre en Grande-Bretagne, une chaîne de supermarchés a dû engager des vigiles pour protéger l’effigie en carton du joueur contre… les enlèvements ! Le livre a fait un malheur dans sa version originale: ce devrait être l’un des ouvrages les plus vendus dans le monde cette année, juste derrière le cinquième tome des aventures de Harry Potter. D’abord, tiré à 1 million d’exemplaires, il a déjà été acheté par 16 pays, dont la Chine et la Russie. En Angleterre, 300 000 exemplaires ont été vendus en deux semaines. Le phénomène ne se limite pas au Royaume-Uni. Par exemple, la marque de préservatifs Durex vient de publier les résultats de son enquête annuelle sur les comportements sexuels réalisés auprès de 150 000 personnes dans 34 pays. Résultat : David Beckham est considéré, et de loin, comme l’homme le plus sexy de la planète, devant les acteurs George Clooney et Antonio Banderas. Qui dit mieux ?

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