Hors-jeu : Coïncidence ordonnée

Depuis le déclenchement de l’affaire Boulami, nous avons soutenu notre athlète national dans cette dure épreuve contre le dopage. Nous n’avons jamais douté de son innocence et nous n’avons jamais cru à la véracité de ces accusations. Nous n’étions pas les seuls puisque tous les Marocains étaient derrière Boulami et personne ne peut se prévaloir d’être plus marocain que les autres dans cette affaire. Aujourd’hui que le spectre de la sanction plane sur ce jeune homme doué, posé et très aimable, rien n’a affecté notre conviction qu’il est innocent. Même si nous ne sommes pas des scientifiques pour prouver le contraire et même si les ténèbres du dopage demeurent insondables.
Il faut saluer le courage d’Aouzal qui a osé innocenter notre champion devant l’IAAF tout en sachant les risques qu’il encourt pour la FRMA. Car, il faut le rappeler, ce n’est pas tous les jours que les fédérations s’opposent aux décisions de l’IAAF pour défendre un athlète accusé de dopage. Seul le Cubain Fidel Castro a fait du cas de Sotomayer une affaire nationale avant de se rétracter quand ce dernier a récidivé. Sauf qu’il ne faut pas faire du dopage un sujet tabou alors que ce virus s’est propagé avec une vitesse foudroyante dans tous les pays du monde à travers toutes les disciplines. Sauf aussi qu’il est indécent d’écrire, par ignorance ou sur commande, que le membre du comité exécutif de l’IAAF, Nawal El Moutawakil, n’a rien entrepris pour défendre Boulami.
À notre connaissance, cette dame est aussi marocaine que les autres et elle est, en tant qu’ex-athlète, mieux placée que ses détracteurs pour cultiver l’esprit de famille… de l’athlétisme. À notre connaissance aussi, jamais Boulami ne s’est plaint d’un quelconque comportement de Nawal depuis qu’on a été les premiers à l’avoir interviewé après avoir été contrôlé positif . Lisez l’interview ci-contre pour découvrir qu’il est surprenant que ce soit la première fois qu’une journaliste marocaine demande à Nawal, membre par excellence de l’IAAF, son avis sur l’affaire Boulami. Pis encore, Nawal a travaillé en coulisses tout en restant en contact permanent avec Boulami mais elle n’a jamais été sollicitée ni par le ministère, ni par la CNOM, ni par la fédération. C’est drôle, ambigu et par extension malveillant.
Tout le monde a défendu Boulami, becs et ongles. Et si certains s’acharnent à exclure Nawal, c’est certainement pour ressusciter des susceptibilités personnelles anciennes d’un temps révolu. C’est à croire que l’esprit de l’ère de Médiouri est revenu pour semer la zizanie et créer un climat malsain au sein de la fédération. C’est pour cette raison aussi que nous sommes avec Boulami, avec El Guerrouj qui a été attaqué à tort pour une affaire extrasportive et avec Fatima Aouam qui souffre d’un hégémonisme ambiant au sein de la fédération. Et Nous sommes aussi avec Nawal El Moutawakill qui a été la première à avoir hissé haut le drapeau marocain à Los Angels en 1984.
Pour ceux qui ont la mémoire courte, il est conseillé de réviser les tablettes de l’histoire pour retrouver aussi un certain Said Aouita poussé à l’immigration. Toute coïncidence avec la campagne contre Nawal est un hasard ordonné.

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