Hors-jeu : Contrat d’objectifs

Le Maroc occupe une place prépondérante dans le gotha sportif mondial à travers certaines disciplines comme l’athlétisme, le tennis et le football. C’est un fait indéniable notre nation, malgré son statut de pays en voie de développement, rivalise dans ce domaine avec les plus grandes puissances mondiales. Mais il ne faut pas, pour autant, dormir sur ses lauriers car avec les potentialités humaines dont il dispose, il aurait pu faire mieux. La loi du temps et de la concurrence est impitoyable car quand on ne progresse pas, d’autres pays avancent et, fatalement, le nôtre recule.
Cette réalité est palpable dans le football devancé par nombre de pays africains et dans les sports collectifs qui ne sont plus compétitifs ni au niveau africain, arabe et maghrébin. Ce n’est pas le talent qui manque chez nous, mais c’est la volonté politique qui fait défaut dans ce domaine. Il n’existe pas de politique sportive à proprement parler et rares sont les occasions où nos députés évoquent le sport dans l’enceinte du Parlement. Nos politiques aiment déguster, en pompes, les exploits de nos sportifs. Mais ils persistent à «gratifier» le ministère de la Jeunesse et des Sports d’un budget dérisoire ne dépassant pas 0,6% du budget total de l’Etat. C’est normal qu’on ne puisse pas brosser une politique sportive globale à même de développer toutes les disciplines.
Ce faisant on laisse aux dirigeants des fédérations, souvent parachutés sans critères professionnels, toute la latitude de gérer notre sport. Il en est résulté une cacophonie totale dans la gestion sportive avec la persistance des luttes d’intérêt, la dilapidation des deniers publics et l’absence de toute planification.
Cette pratique anachronique n’a que trop duré, d’autant plus que les auteurs de crimes financiers et autres ne répondent pas de leurs actes. En attendant que notre système sportif soit reformé, il est temps de rationaliser les dépenses des fédérations.
L’instauration d’un contrat d’objectif exigeant des dirigeants un plan d’action avec un prévisionnel de dépenses de fonctionnement et d’investissement est devenue impérative. Il faut que les dirigeants des fédérations et des clubs soient comptables de leur gestion par l’établissement d’un audit systématique.
Le comité national olympique Marocain (CNOM) est appelé à sortir de sa léthargie pour prendre en main les destinées de notre sport. Il devrait jouer pleinement son rôle de vecteur d’orientation et de contrôle des fédérations.

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