Hors-jeu : Démocratie à géométrie variable

Ainsi Joseph Blatter a vaincu toutes les critiques sur sa gestion douteuse de la FIFA pour se faire réélire à une majorité écrasante à la tête de la FIFA. Le Camerounais Issa Hayatou a été trahi, comme prévu, par ses frères africains qui n’ont pas hésité à soutenir Blatter publiquement au cours de la campagne électorale.
Tout le monde s’attendait à ce que le continent noir verse dans la désunion et la mésentente par essence et par définition. Mais il est aberrant que l’occident ait cautionné la corruption et les malversations qui sévissent dans la FIFA. D’autant plus que les scandales qui ont secoué cette puissante institution ont été condamnés par plus onze des 24 membres du comité exécutif qui n’ont pas hésité à porter plainte contre leur président. Pis encore, le secrétaire général, Michel Zen-Ruffinen qui est un compatriote de Blatter a surpris tout le monde en publiant un rapport accablant qui lui reproche des irrégularités dans la gestion, la corruption et la manipulation des comptes.
Tous ces chefs d’inculpation n’ont pas permis de mettre à la touche un homme qui domine la FIFA de haut en bas. Cela ressemble, comme une goutte d’eau, aux pratiques peu orthodoxes des régimes totalitaires que l’occident a longtemps dénoncés. Il faut convenir que depuis le démantèlement de l’URSS, la notion de la démocratie et des droits de l’homme est assujettie à une géométrie variable où la domination des Etats-Unis est la seule constance. Sinon comment expliquer que ce pays, qui juge à la loupe tout ce qui est antidémocratique de par le monde, soit devenu le bastion de la violation des droits humains.
Tout le monde dénonce les camps de concentration de Guantanamo soumis à une juridiction exceptionnelle avec des détenus sans statut et sans chef d’inculpation. Mais personne n’est capable d’affronter cette puissance mondiale comme personne n’est venu à bout de Blatter malgré la gravité des accusations proférées par ses pairs dans la FIFA.
La loi du plus fort a prévalu dans un système où la démocratie n’est qu’une façade bien décorée et où l’intérieur est aussi pourri que les républiques bananières. Qui pourrait croire encore aux valeurs prônées par l’occident et ses multiples institutions telle cette ONU menottée par le conseil de sécurité et la FIFA minée par la corruption et les intérêts personnels Blatter a soutenu la candidature de l’Allemagne à l’organisation de la coupe du monde 2006. L’Allemagne a soutenu la réélection de Blatter à la tête de la FIFA. C’est la seule démocratie qui vaille : Celle à géométrie variable.

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