Hors-jeu : Doublali dénonce

Hors-jeu : Doublali dénonce

Lors de l’assemblée générale du club du WAC de Casablanca, les journalistes présents en ont pris plein la gueule. Le président du Wydad, Nasreddine Doublali s’est directement attaqué à eux en les traitant de corrompus. Selon le président, les journalistes sportifs seraient derrière la crise du club des rouge et blanc, à cause d’écrits d’articles anti-wydad commandités à coups de dirhams !! Qu’est-ce qu’il ne faudrait pas encore entendre ? S’il y a effectivement du vrai dans les propos de Doublali, il n’en demeure pas moins qu’il fait partie de ces dirigeants qui encouragent sans relâche cette corruption passive qu’il dénonce aujourd’hui avec un certain courage et spontanéité. Ne lui est-il jamais arrivé de céder à la tentation de faire passer des messages par presse interposée ? Des journalistes véreux, il en existe partout. Mais il est une vérité universelle: l’univers de la corruption à grande échelle est en réalité un microcosme évoquant le quartier d’une ville au tracé géométrique dans lequel toutes les voies se rejoignent. Sans avoir besoin de généraliser ou de trier, il est de notoriété publique que quelques pommes pourries suffisent à gâcher toute la récolte. Ce qui ne permet pas pour autant à un président de club de généraliser. Car notre pays regorge de journalistes consciencieux et professionnels. Seulement, ils se font discrets car ils ne répondent jamais aux avances douteuses de pseudo-généreux qui, avant même de dire bonjour, mettent la main à leur proche guettant le scintillement du regard du journaliste venu les rencontrer. D’autre part, il est vrai que beaucoup de correspondants (sportifs) se sont enrichis grâce à la corruption. En peu d’années, ils sont devenus propriétaires de fermes ou d’immeubles avec des salaires dérisoires. Connaissant la nature humaine, comme il le laisse entendre, M.Doublali devrait savoir qu’il n’y a rien de bien étonnant. La cupidité n’est pas née d’hier. D’autant plus que les petites fantaisies font les grandes carrières. Pourquoi attendre jusqu’à l’assemblée générale pour dénoncer cette presse, soi-disant véreuse ? Il y a quelques mois, le président en question nous a affirmé que la crise financière allait venir à bout du WAC. Un déficit d’à peu près un milliard de centimes dont la moitié a été absorbée par les frais du club lors de son parcours continental en coupe des coupes, tandis que l’autre moitié est constituée de dettes. Comme quoi, il ne faut jamais croire ce que l’on veut nous faire croire. Pour gagner des gens d’esprit à une proposition, il suffit parfois de la présenter sous la forme d’un paradoxe monstrueux. Ce n’est pas en réglant bassement des comptes avec des véreux qui ont manqué à une promesse plus véreuse que notre football ira de l’avant. L’absurdité d’une chose n’est pas une raison contre son existence, c’en est plutôt une condition. D’autant plus que la presse est à l’image du pays et des décideurs.

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