Hors-jeu : Échec apprivoisé

L‘échec n’est pas une fatalité. C’est une conséquence de la médiocrité. Sauf quand il s’accumule de jour en jour, il ne relève plus de l ‘erreur, par ailleurs humaine, mais qui à force d’être répétée se transforme en une inintelligence dictatoriale. Celle qui insulte l’intelligence de la communauté sportive en justifiant les défaites comme l’a fait si cyniquement le président de la fédération du hand-ball.
L’inusable Abdelmoumen Jouhari qui, comme nombre de ses pairs, cumule les fonctions comme il cumule les échecs n’a jamais été tué par le ridicule. Il domine le hand-ball national qui a reçu une raclée en championnats du monde et préside à la destinée du KACM qui a failli couler l’année dernière. Et comme la plupart les présidents des clubs, il siège au GNF qui a réduit notre championnat à la portion congrue et a mené notre football à la dérive.
À tel point que la défaite la plus cuisante a été banalisée face à des adversaires arabes et africains que nos sportifs dominaient de bout en bout, il y a quelque temps. L’équipe nationale junior a sombré corps et âme face à son homologue égyptienne qui s’est débarrassée du complexe marocain pour remporter la CAN. L’équipe olympique de Madih a subi le même affront en coupe arabe en s’inclinant face des petits poucets comme le Soudan. Le MAS a abandonné l’organisation de la coup arabe des clubs pour aller à Jeddah recevoir une raclée face au club africain tunisien. Le sport marocain connaît un revers de la médaille qu’il n’a jamais connu depuis l’indépendance. Il était le premier sur la scène arabe et a souvent infligé de lourdes défaites à ses adversaires.
Aujourd’hui les victimes d’hier se permettent le luxe de lui donner des leçons magistrales en football et dans d’autres disciplines. Et pour cause pendant que les pays du Golfe et certains pays africains développaient leur sport, chez nous, les responsables dormaient sur leurs lauriers.
Qui n’avance pas recule. Et dans notre sport, seuls Hicham El Guerrouj et Younès El Aynaoui avancent avec leurs propres moyens. Ils gagnent pendant que notre sport perd du terrain. Sur tous les terrains.
L’entraîneur, le joueur et le dirigeant ont tellement apprivoisé l’échec que la défaite la plus lourde ne leur fait aucun mal. Voire les laisse indifférents. À la longue la mémoire collective du public a fini par céder devant la banalité de l’échec, voire à le programmer à l’avance.
La résignation est collective. Seul Younès El Aynaoui a redonné de l’espoir à un monde sportif déprimé en démontrant, par sa volonté et son talent, que la victoire n’est pas impossible. Mais il faudrait une volonté collective pour sortir de cette tempête d’échec qui a ravagé toutes les disciplines qui se trouvaient devant son chemin. Ce qui suppose une profonde restructuration de notre sport dans ses institutions mais aussi et surtout dans le choix de ses dirigeants. Ce n’est même plus une question d’argent puisque les responsables avouent eux-mêmes que sa disponibilité n’a ramené que les défaites.

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