Hors-jeu : Effet boomerang

La FIFA prolonge le mandat de son président tout en portant, à travers un vote à l’unanimité, la durée du mandat de quatre à cinq ans. Le hasard, et lui seul, a voulu que cet « amendement» coïncide avec la présence de Sepp Blatter à la tête de la plus grande instance sportive. Les 204 délégués réunis en congrès extraordinaire, dimanche dernier, ont accepté de prolonger le mandat de Blatter, dans un tonnerre d’applaudissements, rapportent les agences. Mais le président a insisté pour qu’un vote ait lieu afin d’officialiser la décision, adoptée à l’unanimité. En principe, le mandat de Blatter devait s’achever en 2006. Une fois la décision ratifiée, il restera en poste jusqu’en 2007. Le budget colossal a également été approuvé (dépenses, recettes, revenus des droits TV pour la Coupe du monde 2006…). Pour une raison que personne ne connaît, les agences de presse ont fait une fixation sur l’intervention de Sola Salem, un membre de la délégation libyenne. Cette dernière, après un flot de louanges à l’égard du président au mandat prorogé, a affirmé que personne d’autre n’est capable de faire le travail accompli par Blatter !! Et juste après l’intervention de la délégation libyenne, on pouvait lire dans une dépêche que la Libye et quatre autres nations africaines, sont candidates à l’organisation de la Coupe du monde 2010, qui se déroulera, à cette d&ate, en Afrique, pour la première fois. Sur un autre volet, le même Blatter avait farouchement soutenu, il y a quelques mois, la candidature de Saâdi Kadhafi pour occuper le poste de président de la confédération africaine (CAF) avant que le concerné ne se désiste. Bien avant, c’est Saâdi qui avait soutenu, avec autant de ferveur, Blatter pour sa réélection à la tête de la FIFA, tout en incitant, dans une large campagne, les présidents des confédérations des pays africains à en faire de même. Que de coïncidences. Trop flagrant pour ne pas cacher du louche. A cela s’ajoute le comportement ambigu de Blatter. Il s’était prononcé pour que la Coupe du monde soit à l’avenir arbitrée par les meilleurs. Il s’était déclaré partisan de trios d’arbitres mieux formés et habitués à travailler ensemble, mais qui resteraient issus de toutes les confédérations. Au congrès du 29 mai 2002, les «petits pays» avaient massivement voté pour Joseph Blatter qui les récompensa immédiatement en revenant sur sa proposition pour améliorer l’arbitrage. Il est vrai que le dimanche de «l’unanimité» a connu d’autres décisions importantes, comme les quatre-vingts amendements apportés à la constitution de la FIFA qui ont permis notamment aux joueurs de moins de 21 ans qui ont une double nationalité de choisir le pays qu’ils veulent représenter. Mais le paragraphe consacré à l’intervention de la délégation libyenne s’est accaparé un bon espace chez les médias. Est-ce aussi un hasard? une coïncidence ? Il n’y a point d’accidents si malheureux dont les habiles et/ou les riches ne tirent quelques avantages, ni de si heureux que les imprudents ne puissent tourner à leur préjudice.

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