Hors-jeu : Faras en crise

C’était en 1975. Ahmed Faras a eu le ballon d’or. C’est le premier joueur marocain à détenir le trophée du meilleur footballeur africain. Il a fallu attendre dix ans avant que Timoumi ne lui emboîte le pas avec la même récompense. Faras était un footballeur exceptionnel qui aurait pu embrasser une carrière professionnelle tout aussi glorieuse. S’il l’avait voulu. Car pour la génération d’aujourd’hui qui ne l’a pas connu, l’ex-capitaine de l’équipe nationale n’a pas d’égal dans le football national.
En 1972, déjà, il était sollicité par le meilleur club du monde de l’époque, le Réal Madrid de Jinto, Amancio, Pirri et compagnie. D’autres clubs occidentaux ont essayé de s’offrir le service de ce technicien-buteur hors pair, y compris le club américain de Cosmos.
Une équipe où évoluaient à l’époque Pelé, Benkenbauer et d’autres célébrités du football mondial. Il ne faut pas s’étonner, outre mesure, que Faras ait autant d’aura car il était un joueur racé qui n’avait rien à envier aux stars du football de l’époque. Il était un joueur complet qui excellait aussi bien dans le jeu de tête, les dribbles, les tirs puissants, les amortis de la poitrine comme des deux pieds. Il jouissait d’une extraordinaire condition physique qui lui permettait d’effectuer des élans incroyables et des échappées dévastatrices. Il était foudroyant dans le jeu sans ballon à tel point qu’il était toujours flanqué d’au moins un ange gardien désigné spécialement pour le marquer.
C’est dire combien Ahmed «Moul Koura» comme on l’appelait à l ‘époque était difficile à contenir. Il avait malmené les solides défenseurs africains avec sa technique, sa puissance de frappe et son démarrage foudroyant. À tel point qu’un défenseur africain qui était chargé de le surveiller a fini par s’essouffler et demander son remplacement tellement Faras était insaisissable. C était un virtuose inégalé puisqu’il reste le meilleur buteur de l’équipe nationale jusqu’au jour d’aujourd’hui. Faras est aussi le meilleur buteur de la coupe d’Afrique de 1976 d’Adis Abeba.
Le seul trophée continental remporté par l’équipe nationale dont il était d’ailleurs à la fois le capitaine et le meneur de jeu . Faras a tout donné à la sélection nationale qu’il a servi avec amour et abnégation sans qu’il n’ait reçu une quelconque récompense en contrepartie.
Seul feu SM Hassan II qui le portait dans son coeur l’avait comblé de sa sollicitude en lui accordant un agrément de transport. Un agrément dont la location lui rapporte 4000 mille dirhams par mois et qui lui cause aujourd’hui d’énormes problèmes, jusqu’à encourir la saisie. Une histoire recombolesque qu’ on vous racontera demain avec un pincement au coeur. Il est vraiment triste notre football.

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