Hors-jeu : Femmes de mon pays

S’il y a un domaine qui a contribué énormément à l’émancipation de la femme marocaine, c’est bel et bien le sport. Dans la haute compétition où les exploits des athlètes deviennent une affaire nationale, la femme a non seulement égalé l’homme mais il l’a parfois dépassé.
Dans le cercle fermé des médaillés marocains aux jeux olympiques et en championnat du monde, Nawal El Moutawakil, Nezha Bidouane, voire Zahra Ouaziz ont damé le pion à leurs homologues masculins.
Dans ce registre Nawal reste vraiment un phénomène de la nature qui a su exploiter avec brio son exploit de Los Angeles pour s’épanouir et devenir une femme du monde. Elle a été ministre, elle est membre du comité olympique international (CIO), membre du bureau exécutif de l’IAAF et directeur de la fondation BMCE. Jamais un dirigeant sportif, aussi grand homme qu’il soit, n’a occupé autant de postes importants dans les plus grandes instances sportives internationales. Nawal est devenue ainsi l’ambassadrice itinérante, par excellence, du sport national. Il faut être un super homme pour s’acquitter de toutes ses tâches tout en accomplissant convenablement sa mission d’épouse et de maman. Admirablement. C’est son mari Mounir Bennis qui l’affirme et nous a, même, invité à venir la voir, le dimanche, faire le parterre de la maison.
Depuis l’image de la petite fille qui a ému le monde entier avec ses larmes de joie à Los Angeles, Nawal a fait un bout de chemin en étudiant, en travaillant sans relâche et en accumulant de l’expérience. Elle a l’esprit vif, une intelligence rapide comme la gâchette et le verbe facile sous plusieurs langues. Mais ce qui est beau dans cette femme de bonne famille, c’est que la réussite et la célébrité n’ont pas eu raison de sa personnalité.
Elle a été et elle reste d’un naturel affligeant, modeste, spontanée, sincère, fidèle à ses amitiés, très communicative et elle excellait en tout sauf dans le stéréotype. Elle a souffert le martyre et a même été menacée dans son intégrité physique quand des puissants, alors proches du pouvoir, l’ont attaquée traîtreusement. Elle n’en a pas pipé mot et a enduré cette épreuve avec courage en compagnie de son mari qui fut victime lui aussi de cet acharnement.
Lors de la fête de l’Aid Al Adha, c’est elle et son mari qui ont égorgé et préparé le mouton pour le festin. Comment ne pas respecter et aimer cette femme. Et toutes les femmes de mon pays ?

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