Hors-jeu : Flagrant délire

L’affaire de la tentative de corruption qui a émaillé le match RBM.-RSB recèle beaucoup d’ambiguïté même si le président de Beni Mellal déclare détenir des preuves irréfutables. Encore faut-il rappeler qu’un enregistrement audio ne constitue pas, juridiquement une preuve de culpabilité. Mais cette affaire a pris beaucoup d’ampleur quand le président du RBM a déclaré sur les ondes de la radio qu’un dirigeant du RSB a voulu soudoyer certains de ses joueurs pour lever les pieds et perdre le match.
Tout le monde sait que ce n’est pas un scoop que de révéler cette tentative de corruption puisque ces pratiques datent depuis des lustres dans nos championnats. C’est comme si quelqu’un s’aperçoit aujourd’hui que la corruption mine toutes nos administrations, tous nos secteurs économiques et toutes nos couches sociales. C’est un secret de polichinelle donc de parler d’un fléau qui est devenu tellement banal qu’il est assimilé à un document nécessaire pour régler une procédure administrative.
Quant à la corruption dans notre football, l’histoire récente et ancienne est pleine de cas flagrants qui ont débouché sur des matchs à scores fleuves qui ont dépassé une fois les vingt buts dans une seule rencontre. Sauf que cette pratique de défaites volontaires et payantes de certaines équipes se fait généralement dans les derniers matchs du championnat. C’est justement le timing qui met en doute l’affaire des Berkanais avec les Mellalis quand on sait qu’il reste encore treize matchs à jouer. Il est vrai que la RSB joue la montée et est classée troisième derrière l’ASS et le DHJ, mais il faudrait un budget colossal pour payer le prix de la victoire des matchs restants. Ce qui gêne, davantage, aux entournures, c’est que même si le comité du RBM a eu vent de l’affaire avant le match, son équipe a eu beaucoup de difficultés de contenir les assauts des Berkanais. Voire, à la fin de la première période, les joueurs de l’Oriental menaient par 2 buts à 1 sans la complicité des joueurs mellalis puisque tout le monde savait.
Comble de paradoxe pendant la période du repos, les dirigeants du RBM ont dégoupillé cette grenade dans les vestiaires. Un des leurs est allé même déclarer aux Berkanais , la police et le commissaire du match qu’il allait ébruiter l’affaire si le RBM sort défait de cette rencontre. Il y a anguille sous roche car en agissant de la sorte le dirigeant mellali met en doute la combativité de ses joueurs qui étaient pourtant au courant de l’affaire. Autrement , du moment que les dirigeants mellalis ont tendu un piège à leurs corrupteurs avec la complicité de certains joueurs, c’est que le résultat de la première mi-temps ne souffrait d’aucune anomalie.
Les joueurs mellalis n’ayant pas cédé à la tentation de corruption mais leurs adversaires ont acquis leur match nul par leur seule valeur intrinsèque. Résultat : la montagne a accouché d’une souris. Fallait-il vraiment soulever toute cette tempête quand on sait que finalement les joueurs n’ont pas été corrompus, que la RSB menait à la marque en première mi-temps et que le match s’est terminé par un match nul sans que l’argent coule ?

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