Hors-jeu : Gestion téléphonée

Le président démissionnaire du KACM, Abdelmoumen Jouahari, a vraiment le sens de la communication. Il est omniprésent sur la scène médiatique, que ce soit à la télévision, à la radio ou dans la presse écrite alors qu’il cumule les déboires et les échecs. Jouahari est vraiment un homme courageux puisqu’il continue à communiquer pour justifier son départ. La lettre de démission qu’il a adressée au comité directeur a été publiée par la presse mais les arguments de Jouahari se retournent contre lui et apparaissent comme un réquisitoire contre sa gestion.
Quand il veut justifier l’échec, il se met involontairement au banc des accusés en écrivant : « devant l’impossibilité de satisfaire les demandes et les désirs des joueurs, impossibilité imputable à la situation matérielle difficile du club et à l’absence du soutien promis… et compte tenu de l’impossibilité du changement de mon lieu de résidence… je déclare mon retrait pour céder la place à une meilleure gestion… » Jouahari fait son mea-culpa sans le savoir en énumérant les causes de la déconfiture du KACM qui patauge dangereusement en bas de tableau.
D’abord, un commandant ne quitte jamais un bateau qui coule surtout quand il est, lui-même, l’auteur des différentes manoeuvres qui l’ont fait chavirer. Ensuite, on ne commande pas un bateau à distance comme le faisait Jouahari avec le KACM en résidant à Rabat pour gérer un club à Marrakech. C’est insensé et Jouahari vient à peine de le découvrir comme il vient de constater qu’on ne peut s’ériger en dirigeant parce que tout simplement on le veut. Un club est une entreprise avec du personnel et des dépenses à couvrir chaque dimanche pour croire que le père Noël s’occupera de sa gestion. Si tous les dirigeants raisonnent comme jouahari en tablant sur les promesses pour établir le budget d’un club, c’est que chacun peut devenir un président.
Le cireur du coin, le mendiant et encore plus le supporter de l’équipe peuvent postuler à ce poste puisqu’ils ne sont pas obligés d’investir, ni de l’argent, ni les idées pour générer les ressources financières. C’est curieux, mais tous nos dirigeants se plaignent du manque de moyens depuis des lustres mais cela ne les empêche pas de s’afficher devant les médias comme des conquérants. On savait que Jouahari, comme d’autres, allait finir par se heurter à la réalité du terrain qui contraste avec ses propos démagogiques. D’autant plus qu’il a cumulé son poste de président du KACM avec celui du dirigeant de la fédération de hand-ball. On finit par avoir le vertige quand on est à la fois dirigeant d’un club de football et d’une fédération de handball pour finir dans une sorte de coma virtuel.
D’autres cumulards ont buté sur l’échec tout comme celui qui dirige un club par téléphone d’une ville à l’autre comme, Mernissi, le président du MAS, Ce dernier a donné un véritable coup de butoir au football national quand il n’a pas pu organiser la coupe arabe des clubs à Fes. Il est aujourd’hui en face d’une majorité d’adhérents qui contestent sa gestion et qui réclament son départ et préparent sa succession. La gestion téléphonée se heurte irrémédiablement à l’échec.

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